Il s’agit de l’un des plus importants projets de transport de Maurice relatif à la revitalisation urbaine et à la mobilité. Mais le Green Building Summit milite pour que les autorités fassent le choix d’un métro « vert ». Une question débattue lors de l’African Green Building Summit, tenu du 18 au 20 avril dernier dans l’île.

«C ’est un rêve qui devient réalité pour la nation mauricienne », avait déclaré M. Jugnauth à la presse en août 2017 dernier à l’issue de la cérémonie marquant la signature d’un accord entre le gouvernement mauricien et le conglomérat indien Larsen and Toubro. Le métro léger qui doit relier la capitale Port-Louis à la ville de Curepipe, dans le centre de l’île, sur un tracé de 26 km est un projet estimé officiellement à 18,8 milliards de roupies mauriciennes (460 millions d’euros).

Soulignant l’importance stratégique de ce projet, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, avait aussi expliqué en parallèle, le coût estimé de la congestion routière estimé aujourd’hui à 4 milliards de roupies (105 millions d’euros), montant qui devrait monter à 10 milliards de roupies (263 millions d’euros) en 2020 si aucune solution n’était trouvée.

Les points de divergence

Cependant, l’enthousiasme du gouvernement tranche avec la colère des opposants au projet qui dénoncent son coût exorbitant. « Un surcoût pour les finances publiques », ont fustigé plusieurs détracteurs du projet. D’autres, antimétro, ont effectué plusieurs manifestations notamment devant le Parlement, à Port-Louis pour dénoncer ce qu’ils pensent être « le risque d’un endettement massif pour Maurice ». Certains sont plus inquiets sur les retombées écologiques. Alors, le métro bien sûr, mais toutes les questions ayant trait à l’impact environnemental, social et économique que ce projet représente pour le pays n’ont pas encore eu de réponses adéquates.

Tai Lee Siang Chairman du World Green Building Summit lors du discours d’inauguration de la 4ème édition de l’Africa Green Building Summit qui s’est tenue cette année à Maurice

Le Green Building Summit Maurice milite pour un investissement vert

« Un métro léger oui, mais soucieux de l’environnement et la société c’est mieux! Avoir une attitude citoyenne responsable aujourd’hui c’est choisir au quotidien dans sa vie personnelle, comme au travail, des modes de transport moins polluants afin de réduire notre impact sur la planète. La firme indienne Larsen and Toubro a déjà implémenté en Inde plusieurs métros légers certifiés green et respectueux de l’environnement et de la société. Maurice doit faire de même et nous sollicitons le gouvernement et toutes les parties prenantes dans ce projet à investir dans un métro green quand il est encore possible de le faire», a affirmé Raji Valayden, directeur du Green Building Council de Maurice* lors des débats de l’African Green Building Summit.

Cet événement de taille qui s’est déroulé avec le soutien du World Green Building Council – une organisation à but non lucratif qui comprend un réseau mondial de conseils nationaux de construction écologique présente dans plus de 70 pays – a mis en exergue les problèmes environnementaux liés au métro léger.

« Partant du principe que le prestataire choisi par le gouvernement a beaucoup d’expérience dans le métro vert, nous pensons que c’est notre devoir de considérer cette option, et surtout d’ouvrir le dialogue avec les décisionnaires. En termes de coût, le métro vert n’est pas plus onéreux» renchérit Tony Lee Luen Len, président du GBCM. Une affaire à suivre!

Le métro léger un projet qui date

L’idée d’un métro léger à Maurice avait émergé en 1987. Le projet, qui a fait l’objet de plusieurs études de faisabilité, était sur le point d’être lancé par l’ancien gouvernement, avant les élections générales de décembre 2014, mais il avait été abandonné, car jugé trop coûteux. Il a été relancé en 2016 à la suite de la décision du gouvernement indien d’accorder une aide financière à cette ligne de métro très controversée.

*Le Green Building Council de Maurice, membre du World Green Building Council est une organisation à but non lucratif, pour promouvoir et faciliter la construction écologique à Maurice.

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