A Rodrigues, Zuel Léopold est le seul à avoir lancé une affaire spécialisée dans la récupération des déchets. Il a embauché trois personnes qui l’aident dans sa tâche. 

Voilà déjà 3 ans que Zuel Léopold sillonne l’ile dans son camion pour collecter les déchets dans les poubelles de tri. Il opère la semaine, mais aussi pendant les fêtes, les foires, autres rassemblements de groupes et aussi à la demande de personnes ayant besoin de ses services. Vieux réfrigérateurs, véhicules, squelettes métalliques en tout genre, on retrouve de tout dans son camion…

« C’est un métier qui attire les railleries. Mais sur l’aspect écologique, on contribue énormément à maintenir l’ile propre»,  soutient Zuel Léopold. Il s’est mis à son propre compte et a embauché trois personnes. « Des fois, les gens font appel à nous pour récupérer les vieux véhicules, les réfrigérateurs… Dans d’autres cas, la police de l’environnement nous dirige vers ces métaux à récupérer. »

C’est sur le site de récupération d’Acacia qu’il abrite très soigneusement son « cimetière ». A quelques pas de ce désordre de vieux réfrigérateurs et véhicules se trouvent des métaux et des bouteilles en plastique qui ont été compressés séparément et l’outil ayant servi à le faire. Ces deux matériaux sont stockés sur place, avant d’être acheminés vers Maurice pour reprendre vie sous une autre forme. « Il est possible de compresser jusqu’à 150kg de métal à la fois. Comme on n’est pas équipé pour soulever autant de poids, on se limite à des blocs variant entre 25kg et 50kg, ce qui facilite le transport des blocs. » Annuellement, Zuel exporte en moyennes 100 tonnes de métaux compressés. «Je sais que certains de ces métaux sont transformés en barre de fer de construction et les plastiques sont aussi recyclés».

Si Zuel Leopold collecte métaux et plastique, la Rodclean, une entreprise qui collecte elle aussi les déchets à travers l’île s’est spécialisée dans la collecte du verre destiné à être broyé pour être ensuite utilisé dans la décoration.

D’autres mesures sont aussi à prévoir au niveau de la commission de l’Environnement pour concrétiser le projet du centre de tri à̀ Grenade. Ce projet figure parmi les mesures prévues pour la prochaine année financière. Ainsi, les déchets informatiques et les batteries usagées ne seront plus éparpillés dans la nature.

Tri du déchet, Rodrigues s’implique sérieusement!

Trier ses déchets n’est pas sorcier! La preuve, installée depuis 2015 à la gare routière à l’entrée de Port-Mathurin, la première poubelle sélective illustre que les Rodriguais sont conscients de cette réelle nécessité. Sur l’initiative de la commission de l’Environnement, cette poubelle qui a coûté Rs 100 000, est elle-même faite de plastique recyclé.  Bouteilles en plastique, bouteilles en verre ou cannettes en aluminium, toutes attendent séparément d’être collectées et compressées avant leur acheminement vers Maurice. Une façon d’économiser les ressources naturelles, de réduire la mise en décharge et l’incinération, ainsi que les effets de pollution.

En 2016, afin de permettre une gestion globale de déchets à travers l’ile, six autres poubelles similaires ont été placées dans six régions de l’île. D’ailleurs, l’île avait déjà donné le ton de son implication écologique en bannissant l’utilisation des sacs en plastique. Une étude récente, démontre que 11% des déchets sont des bouteilles en plastique, un pourcentage qui couvre 500 000 unités importées chaque année à Rodrigues. Toutefois, les interdire n’est pour l’heure pas encore envisagé. La solution alternative? Le tri.

La gestion des déchets alimentaires fait école

Annuellement, les pays riches gaspillent presque autant de nourriture (222 millions de tonnes) que l’ensemble de la production alimentaire de l’Afrique subsaharienne (230 millions de tonnes). Dans ce contexte, la faculté d’agriculture de Maurice (UoM) s’est emparée de cette problématique, avec la mise en place des trois ‘R’ pour gérer les déchets alimentaires: Réduction, Récupération et Recyclage. Elle a organisé dans ce sens, en collaboration avec le Mauritius Research Council et plusieurs organisations et entreprises, dont Ducray Lenoir, une conférence sur le thème « Food Loss & Food Waste Reduction and Recovery » du 27 février au 1er mars, à  l’université de Réduit. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, Ducray Lenoir, fournisseur d’équipements de pointe, de produits pharmaceutiques et vétérinaires dans le secteur médical, et parrain de la conférence a proposé un produit, susceptible d’apporter sa contribution sur ce dossier, le « Testo Saveris ». Il s’agit d’un système de suivi de température et d’humidité qui prévient l’utilisateur si les valeurs limites sont dépassées, en déclenchant une alarme, qui fonctionne même en cas de panne d’électricité.

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