Le 29 juin 1976, le clairon de l’indépendance résonne. Les Britanniques s’affranchissent d’une nouvelle colonie de l’océan Indien, huit ans après celle de l’île Maurice. C’est au tour des Seychelles de savourer les embruns de la souveraineté. Embarquement immédiat, les îles de Mahé, Praslin et La Digue s’apprêtent à divulguer leur histoire.

Situé à 1700 kilomètres de Maurice et 1000 kilomètres de Madagascar, l’archipel des Seychelles est pour le moins esseulé. Toutefois, cet amas de cent quinze îles bordées au nord par l’équateur, connaît une trajectoire semblable à l’île Maurice.

Foulé par les Arabes, Portugais puis les colons français en 1743, l’archipel n’est alors que faune et flore sauvages. Désomais, les sonorités françaises n’y manquent pas. Tout comme le village de Mahébourg du sud mauricien, l’île principale des Seychelles dénommée Mahé, du fait d’un géographe en charge de la cartographie, évoque l’héritage du fameux gouverneur malouin, Mahé de La Bourdonnais. Mieux, l’archipel fut également baptisé les «îles de La Bourdonnais». Égotisme quand tu nous tiens!

De Jean Moreau de Séchelles

Et ce n’est pas tout! En 1756, le ministre des Finances de Louis XV, un certain Jean Moreau de Séchelles ne tardera pas à léguer son patronyme à cette constellation d’îlots, dont l’orthographe approximative donnera naissance aux Seychelles. Quant au duc de Praslin, ministre de la Marine, il s’octroiera l’héritage d’une des trois îles principales. Si Andy Warhol annonçait que chacun aurait son quart d’heure de gloire, il apparaît que d’autres s’arrogent un morceau d’éternité…

Au cours de cette fin du XVIIIème siècle, les premiers colons français et leurs innombrables cortèges d’âmes humaines réduites à l’esclavage s’installent, ainsi que les réformes agraires. Les corsaires, fléaux de la couronne britannique, utilisent également l’archipel. Tout comme Robert Surcouf qui profite d’instants de répit et côtoie les habitants installés depuis 1770.

La suite est bien connue. La défaite française acquise, les Britanniques s’octroient le contrôle de la majeure partie des Mascareignes et placent les Seychelles sous protectorat en 1814.

De par la proximité évidente, l’attachement administratif des Seychelles au profit de l’île Maurice débute en 1756 jusqu’en 1903. À cette date, la scission est annoncée par la Grande-Bretagne. Dès lors, l’archipel des Seychelles ne fait plus partie intégrante des dépendances mauriciennes et s’émancipe. La séparation finalisée, la colonie seychelloise délaisse la production de vanille au profit du coprah.

À la suite de décennies paisibles, le temps s’écoule et l’indépendance de plusieurs colonies britanniques laisse présager un avenir émancipateur. Ainsi, en 1975, les Seychelles obtiennent le statut de colonie autonome, une première étape encourageante vers l’indépendance qui interviendra l’année suivante, en 1976.

Amis avant de devenir ennemis

Les deux hommes forts du pays, à la philosophie diamétralement opposée, s’allient afin de diriger les balbutiements d’une nation. D’une part, James Mancham, premier président du pays, favorable à l’ancienne colonie britannique et, d’autre part, le Premier ministre, François-Albert René, partisan d’une indépendance totale et assumée.

Le 29 juin 1976, l’indépendance est proclamée. Cependant, Mancham ne tiendra que onze mois avant qu’un coup d’État propulse René au pouvoir. Les frères ennemis se déchirent et Mancham se voit exilé pendant plus de quinze ans. «Malheur aux vaincus» comme dirait Brennus!

De nos jours, ce pays demeure incontournable en tant que destination touristique haut de gamme et se singularise quant à une de ses espèces endémiques qui peut prêter à sourire. Nommons bien sûr le fameux coco de mer, communément appelé «coco-fesses», en voie de disparition et donc extrêmement protégé, vendu à prix d’or sur les marchés asiatiques pour des vertus (assurément) aphrodisiaques. Amis seychellois, Molière ne cesse de vous le répéter: cachez ce «coco-fesses» que je ne saurais voir!

Vous voulez en savoir plus ?

L’archipel des Seychelles est avant tout l’archétype du Jardin d’Éden. Les paysages granitiques, les lagons translucides et la flore omniprésente composent un cadre magistral. Retrouvez les somptueuses aquarelles de Florent Beusse et les textes du Seychellois Valentin
Guichard en guise d’hommage à ce pays pittoresque.
Regards from Seychelles, éditions Vizavi.

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