La Chine, moteur de l’économie mondiale, connait son plus faible taux de croissance depuis les 30 dernières années. Contrairement aux récents discours de Trump, la Chine fait face à des problèmes plus profonds que ceux liés à la guerre commerciale avec les US.

Depuis la dernière décennie, le pays a beaucoup réduit sa dépendance face à la demande mondiale. L’excèdent de la balance des transactions courantes représente uniquement 1.5% du PIB contre près de 10% il y a 10 ans.

Certes, la baisse des exportations aura un impact significatif sur la croissance mais l’effet indirect, soit la baisse de confiance des acteurs économiques aura un effet négatif beaucoup plus important. Le taux d’épargne des ménages n’a jamais été aussi haut depuis 10 ans (45% contre 15% en France en 2018) au détriment de l’investissement et de la consommation. Cela traduit une certaine nervosité des consommateurs. Si la confiance des investisseurs n’est pas au rendez-vous, les investissements seront retardés conduisant à un marché du travail sous pression et donc moins de dépenses des ménages.

De quels outils de relance dispose le gouvernement ?

La Chine étant un pays très endetté (plus de 300% du PIB), la baisse du taux directeur, généralement privilégiée pour favoriser la croissance, sera utilisée en ultime recours comme outil de relance afin de ne pas laisser filer le crédit.

Ainsi, quelques stimulus tels que la réduction d’impôt de 2,000 milliards de Yuan (EUR 260mds) pour les entreprises, des investissements importants sur des projets d’infrastructures devraient contribuer à maintenir la croissance.

La relance de l’économie par le crédit est aussi un élément important mais très sensible. L’une des mesures adoptées depuis le début de l’année 2018 est la réduction du coefficient des réserves obligatoires pour les banques qui permet de dégager de nouveaux flux de crédits aux entreprises. Malheureusement les données montrent que les crédits accordés par les banques locales ont plutôt été déployés vers les entreprises para- étatiques. Aujourd’hui les PME privées reçoivent moins de 20% des flux de banques pour les financer, contre 60% en 2013, alors que ce sont elles qui sont créatrices de valeur et d’emploi. Cela nous laisse penser que le ralentissement de la croissance n’est pas du à un changement du modèle chinois, mais plutôt au fait que le secteur public asphyxie le secteur privé.

Le « challenge » pour les autorités chinoises sera d’arbitrer entre une relance par la demande afin de dynamiser son marché interne sans pour autant négliger les problèmes liés à l’offre. – Source www.ft.com, Reuters

Peut-on parler d’une crise de la dette chinoise ?

Contrairement à beaucoup de pays émergents, la dette de la Chine est principalement interne. Le fait d’avoir énormément (voir trop) d’épargne couplé à un contrôle de change permet d’éviter toutes fuites de capitaux. Pour résumer, la dette de la Chine est très importante mais ne constitue pas un danger majeur car elle n’a pas besoin de s’endetter auprès de pays tiers, l’épargne reste dans le pays et finance l’économie.

Ce qu’il ne fallait pas rater en juillet :

  • Boris Johnson nouveau Premier ministre britannique
  • Contraction du secteur manufacturier dans la zone Euro
  • L’économie britannique menacée d’une récession avec le Brexit
  • Christine Lagarde choisie pour prendre la tête de la BCE

L’équipe Victoria Capital Management – info@victoriacapitalmanagement.org

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