Le 5 mai 1821, Napoléon meurt à Sainte-Hélène. Une île au large de l’Afrique de l’Ouest frappée par les vents et la pluie dont l’empereur déchu a tant subi les humeurs. Une fin tragique qui tranche avec la ferveur d’une vie passée. Tout ceci grâce à un homme qui trouvera dans ce capitaine corse une posture de général. Cet homme c’est Paul Barras. Et en 1771, le voici sur les rivages de l’île Maurice alors dénommée île de France.  

Alors qu’il n’est âgé que de seize ans, l’adolescent est envoyé dans l’océan Indien où le gouverneur est bien connu de la famille Barras. Dans une Ile de France conquise par les Français mais dont l’hégémonie est chahutée par la couronne britannique. Ainsi, le jeune Paul prend part à la bataille de Pondichéry puis, est affecté au Cap de Bonne-Espérance. D’une lignée noble et militaire, il sert en tant qu’officier. Un Barras ne pouvait être autre chose. La naissance nobiliaire confère honneur et galons dont il se montre digne.

Puis c’est un retour à Paris. L’époque se trouble. Celle de la révolution de 1789 où la guillotine fera bientôt tomber les têtes. Paul se lance en politique et est élu du sud de la France sous la Convention.

Bourbon devient l’île de La Réunion

Cette Convention qui le 19 mars 1793, change la dénomination de l’île Bourbon. Honorer le patronyme de la famille royale après la révolution relève du blasphème ! Alors le choix de la Convention se porte sur « Réunion » en hommage à la rencontre des troupes fédérées de provinces et la garde nationale de Paris qui, en août 1792, mena à l’emprisonnement de Louis XVI et la fin de la monarchie française.

Une île de La Réunion devenue île Bonaparte de 1806 à 1810, puis île Bourbon de nouveau de 1810 à 1848 pour, enfin, être définitivement baptisée île de La Réunion en 1848. Vous suivez ?

Le 5 octobre 1795, Barras a la charge de mater l’insurrection royaliste à Paris. Il promeut un militaire de vingt-six ans de capitaine à général et fait de lui l’homme fort de la répression. Un certain Bonaparte. En moins d’une heure, les canons tonnent et les indociles tombent. Le soulèvement est écrasé et le Corse devient une icône.

Barras commence à gêner Bonaparte

Ce même Bonaparte épouse la maîtresse de Barras l’année suivante, la fameuse Joséphine de Beauharnais. Elle qui était née en Martinique et par conséquent considérée comme « créole », terme désignant les natifs européens d’une île colonisée sans connotation de couleur.

Mais celui qui a transformé Bonaparte en Napoléon n’est plus en odeur de sainteté. Ses ambitions gênent l’homme fort du Consulat et il n’hésite pas renvoyer Barras dans son château de Grosbois puis, à l’exiler au plus loin des affaires du pays.

Enfin, c’est au tour de Napoléon de tomber. Malgré un bref retour lors des cent jours, il est envoyé à Sainte-Hélène. Heureusement son aumônier Buonavita l’accompagne. On imagine les échanges des deux hommes sur leur Corse natale. Une île pour une autre. L’azur en moins.

Après la mort de l’Aigle, cet aumônier achève son sacerdoce à l’île Maurice et prend la charge de la paroisse Saint-Louis. En 1833, c’est à son tour de rendre l’âme et de trouver le repos au cimetière de Pamplemousse. Ironie de l’histoire, il viendra mourir dans une île aux mains des Britanniques depuis 1810. Probablement le Pardon accordé aux bourreaux d’un ami corse.

Vous voulez en savoir plus :

Après une visite au jardin de Pamplemousse créé par Pierre Poivre, traversez la route et recherchez le tombeau de l’aumônier Antoine Buonavita au sein du cimetière de Pamplemousse. Un monument classé au rang de patrimoine national en 1951 et en attente de votre venue.

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