L’attachement de l’île Maurice auprès de sa grande sœur britannique est indéniable. Car, de 1810 à 1968, l’île est restée un des nombreux sujets de l’Angleterre. Dès lors, les visites officielles de la royauté anglaise s’enchaînent. En bateau ou avion, chaque escale des représentants de l’Union Jack est remarquée. À Maurice, la promenade des Anglais commence.

Le Prince Alfred, George V ou encore George VI…, l’Angleterre fait briller sa couronne à l’approche du tropique du Capricorne. Depuis 1870, ces souverains européens privilégient cette terre des mers du Sud. De l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande, l’escale mauricienne semble évidente pour parcourir l’empire. La froideur du palais de Buckingham tranche avec cette colonie tropicale où le soleil brûle les peaux diaphanes de ses monarques.

En 1927, George VI et Elizabeth sont présents durant quatre jours. Ils sont accueillis à bras ouverts par les Mauriciens venus en nombre les admirer. Massés de part et d’autre de la route, ils scrutent le couple royal blotti au creux du cuir d’une berline sombre. L’enthousiasme est palpable. Les tenues rutilantes de ces rois et ces reines du vieux continent dans les rues de Port-Louis ont de quoi fasciner les passants.

Margaret, la dernière Windsor à poser le pied dans la colonie

Puis, en 1956, c’est au tour de Son Altesse la princesse Margaret de fouler le sol du pays. La sœur de l’actuelle reine d’Angleterre contemple ce bout de royaume et sera l’ultime héritière de la dynastie à connaître cet îlot sous la tutelle de Londres. Une odeur d’indépendance flotte dans l’océan Indien. Dans les années 60, Maurice tend à recouvrer sa souveraineté comme tant d’autres colonies. À l’instar du Kenya et de la Tanzanie, l’île s’apprête elle aussi à la transition et l’Angleterre voit son empire se démanteler à mesure que le XXème siècle s’écoule.

L’année 1967 marque l’incertitude des Mauriciens quant à leur avenir. Une partie de la population s’exile. En janvier 1968, des brutalités entre ethnies explosent et l’état d’urgence est déclaré. La capitale est au bord du chaos. Vingt-neuf morts sont relevés et ces violences marquent les habitants. Dans ce contexte, la venue de la princesse Alexandra semble compromise. « Tant mieux! » pensent certains citoyens. Pour eux, cette visite relève de l’affront et ils souhaitent que la couronne britannique scintille ailleurs que sur leur île. Des mouvements politiques engagent un combat, d’autres négocient.

Alexandra n’est pas la bienvenue

L’indépendance est actée pour le 12 mars 1968 mais beaucoup fustigent l’éventuelle présence princière aux cérémonies. Que faire? Le temps de réécouter la chanson phare des Beatles de 1965, « Help », la princesse Alexandra est décommandée. En effet, deux jours avant l’autonomie du pays, l’état d’urgence mauricien invoqué par Buckingham la fait remplacer en hâte par Sir John Shaw Rennie, dernier gouverneur britannique de Maurice.

Il faudra attendre 1972 afin de revoir la princesse Alexandra, une année qui marquera également la présence de la reine. En mars, Élisabeth II séjourne en effet trois jours en compagnie du prince Philip. Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères d’alors accueillent la chef de file des Windsor. Messieurs Seewoosagur Ramgoolam et Gaëtan Duval sont ici maîtres du pays depuis quatre ans.

Puis, aux têtes couronnées, la ferveur penche vers d’autres souverains. Les papes supplantent les rois. Après Jean-Paul II de passage en 1989, le Pape François retrouvera l’adoration mauricienne le 9 septembre autour du caveau du Père Laval. Le 9.9.19, une date dont tous les aficionados de numérologie y voient déjà un signe angélique!

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Revivez les années 60 à 80 grâce à Jaffar Houssain Sobha. De ses photographies en noir et blanc, plongez dans le quotidien des Mauriciens dans une atmosphère pré et post-indépendance. Flashback aux Éditions Vizavi.

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