Espèce endémique à Maurice, faisant l’émerveillement des petits et des grands, L’Echo Parakeet ou la grosse Cateau Verte est à nouveau menacée. Sans le travail de la MWF, cet oiseau aurait fort probablement connu le même sort que le Dodo ou le perroquet bleu de Maurice. Le Dr Nicolas Zuël, Fauna Manager à la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) nous en dit plus.

Dr Nicoles ZuelDr Zuel, parlez nous de la nouvelle menace qui guète les grosses cateaux vertes ?

Il s’agit d’un circovirus qui cause une maladie, le PBFD (Psittacine Beak and Feather disease ou maladie du bec et des plumes), s’attaquant au développement du bec et des plumes des oiseaux. Cette maladie affecte particulièrement les jeunes cateaux faisant leur mue pour la première fois. La maladie ne tue pas les cateaux. Toutefois, sans plumes les oiseux ne peuvent pas voler, se nourrir et sont affaiblies. Ainsi, elles meurent de faim ou d’autres infections liées a leur état de faiblesse. Ce circovirus a été introduit dans l’ile emmené par des perroquets exotiques, ramenés comme animaux de compagnie ou pour peupler des parcs animaliers. Le virus se transmet par contact.

En 2007, Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a changé le statut de l’Echo Parakeet de « en voie d’extinction » à « en danger ». Cela, grâce au projet de la MWF, considéré comme étant le programme de récupération de perroquet le plus efficace au monde. Aujourd’hui, si les comportements n’évoluent pas, ce statut peut-il encore changer ?

Oui, le statut peut changer : en bien ou en mal. Si nous arrivons à créer plusieurs sous-populations sur l’île, comme celle commencée à la vallée de Ferney, et que la population continue à augmenter, le statut pourrait passer en « vulnérable ». Par contre, si la population diminue, due à) des maladies ou au manque d’espace pour l’évolution des cateaux, le statut pourrait régresser vers « voie d’extinction ».

Que peut faire le Mauricien afin de mieux protéger cette espèce et nos espèces endémiques en général ?

Par exemple, le Mauricien qui aime bien avoir des oiseaux de compagnie pourrait éviter d’en introduire dans le pays. Et, si on le fait quand même, il ne faut surtout pas les relâcher dans la nature ! D’ordre général, respecter la nature et ne pas polluer, principalement les parcs nationaux, seraient aussi un grand pas vers un environnement plus sain pour nos espèces. D’autre part, nous sommes constamment à la recherche de volontaires pour nous aider dans nos projets. Toute aide est là bienvenue !

Présentation

La grosse cateau verte (Psittacula eques) est une perruche d’environ 36 centimètres (cm), avec une envergure de 52 cm. Cet oiseau a une queue courte et un plumage vert vif. Le bec du mâle est rouge, tandis que celui de la femelle est noir. Le mâle arbore également un collier formé de deux bandes, l’une rouge et l’autre noir, alors que la femelle n’en a point. La grosse cateau vert est souvent confondue avec la petite cateau verte (Psittacula krameri), originaire de l’Inde.

Elle se nourrît principalement de plantes indigènes et des bourgeons, des jeunes pousses, des feuilles, des fleurs, des fruits, des graines, des brindilles et même de l’écorce et de la sève.

La grosse cateau verte forme des couples qui se maintiennent, généralement, sur le long terme. Traditionnellement, ces oiseaux font leurs nids dans les cavités des grands arbres endémiques. La femelle pond entre un et quatre œufs durant la période de septembre a décembre. La couvaison de l’œuf dure vingt-cinq jours et les poussins quittent le nid au bout de deux mois dès qu’ils peuvent s’alimenter seuls.

La MWF a commencé sont travail de conservation et de restauration de cette espèce en 1987. A l’époque, moins de 20 individus avaient résisté et avaient formé deux petites populations à l’île Maurice. Aujourd’hui, grâce au travail de la MWF, on en recense plus de 600 sur le territoire mauricien.

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