Le gouvernement compte introduire des sacs à base de pomme de terre

Dans la bataille contre la pollution et l’utilisation abusive de sacs en plastique, le gouvernement a annoncé la suppression des sacs en plastique à partir du 1er janvier 2016. Suite à cette initiative, le ministère de l’environnement annonce l’introduction de sacs biodégradables fabriqué à partir d’amidon de pomme de terre. Une décision qui permettra de réduire considérablement le nombre de déchets produits annuellement et se tourner vers une île éco-responsable.

Suite aux diverses tentatives inefficaces de freiner l’utilisation abusive de sacs en plastiques dans le passé, une loi a été promulguée le 6 août dernier interdisant l’importation, la fabrication, la vente ou la fourniture de sacs en plastiques à Maurice : l’Environment Protection (Banning of Plastic Bags) Regulations 2015. Une amende maximale de Rs 10 000 s’appliquera à tous ceux qui ne respectent pas ce nouveau règlement.

Annoncé par le ministre de l’Environnement, Raj Dayal, en août dernier, l’introduction de sacs fabriqués à partir de pommes de terre comporte plusieurs avantages. Ils sont renouvelables, biodégradables, respectueux de l’environnement, recyclables et coûteront moins cher que les traditionnels sacs plastiques. Selon le ministre, les producteurs de ces sacs spéciaux pourront inclure le logo de leur entreprises sur le produit. Toutefois, ils sont tenus de s’enregistrer auprès du ministère de tutelle, qui veillera à ce qu’il n’y ait aucun abus et que la production soit conforme aux réglementations. Une solution qui s’inscrit dans la stratégie à long terme du ministère, visant à diminuer la pollution à l’île Maurice.

Le ministre a également indiqué que plusieurs alternatives au plastique sont déjà sur le marché, notamment les sacs en jute, en tissu, en tissu recyclé, en feuilles de pandanus (vacoa), raphia, en papier recyclé et en cuir. Selon une étude du bureau Central des Statistques, le Continuous Multipurpose Household Survey 2012, le nombre de foyers mauriciens utilisant leurs propres sacs pour faire du shopping est passé de 7,9% en 2002 à 69,1% en 2012. Aussi, environ le tiers des foyers mauriciens choisissent des produits avec un emballage minimaliste, alors que presque deux tiers de la population a pris l’habitude de réutiliser ses sacs en plastique. Ce qui démontre que les Mauriciens ne sont pas indifférents à la protection de l’environnement.

UN SURPLUS DE DÉCHETS

Selon le ministère de l’Environnement, le nombre de déchets produits en 2015 a augmenté de 450 000 à 500 000 tonnes. A ce jour, Maurice utilise plus de 300 millions de sacs en plastique qui se retrouvent dans les centres d’enfouissement de déchets de l’île annuellement. Le plastique représente 8 % de ces déchets. 100 tonnes de matières plastiques additionnelles sont collectées quotidiennement. Aussi, c’est près de 80 millions de bouteilles de boissons gazeuses qui contribuent également à la pollution du pays.

 Le gouvernement invite la population à adopter les bons gestes, particulièrement le compostage.

Le gouvernement invite la population à adopter les bons gestes, particulièrement le compostage.

Les sacs à base d’amidon et de fécule de pomme de terre, entre autres, remplaceront les sacs plastiques.Ces chiffres qui ne cessent de grimper sont une source d’inquiétude pour le gouvernement. C’est la raison pour laquelle, des mesures strictes sont en train d’être mises en place. Parmi les mesures prises pour tenter de contenir cette vague de déchets : limiter le volume de déchets générés à la source, soit promouvoir le recyclage et introduire le compostage (processus biologique de conversion et de valorisation des matières organiques).

Dans cette optique de transformer l’île Maurice en une île éco-responsable, il est attendu que les Petites et Moyennes Entreprises (PME) ou startups élaborent un prototype innovant, avec un potentiel important pour remplacer les sacs en plastique, et/ou proposer de nouveaux procédés visant à développer une telle alternative. Les PME ont jusqu’au 31 octobre pour s’enregistrer auprès du ministère de l’Environnement. D’ailleurs, le ministère indique avoir déjà pris des dispositions pour détenir une tonne de granulés de pomme de terre, destinée à la production de sacs biodégradables.

RODRIGUES DÉJA EN MODE ÉCOLO

L’île Rodrigues a déjà pris une longueur d’avance sur nous. En effet, l’île sœur a déjà banni les sacs en plastique depuis juin 2014. Les Prohibition of Use of Plastic Bags Regulations 2014 ont été votées à l’Assemblée régionale de Rodrigues, le 4 mars 2015. Selon ces règlements, toute personne trouvée en possession de sacs en plastique est passible d’une amende de Rs 500. En cas de récidive, elle est passible d’une amende de Rs 1 000.

Ceux qui seront trouvés coupables de vente ou de distribution de ces sacs sont passibles d’une amende de Rs 2 000. Elle peut atteindre Rs 5 000 la deuxième fois et Rs 10 000 la troisième récidive. Toute personne qui fabrique, importe ou emmagasine des sacs plastiques est également passible d’une amende, qui n’excédera pas Rs 5 000 et peut atteindre jusqu’à Rs 10 000. En cas de récidive, l’incriminé risque une peine de trois mois de prison.

UN VENT DE CHANGEMENT

Maurice n’est pas le seul pays à bannir l’usage de sacs en plastique. En effet, partout à travers le monde, cette nouvelle mesure gagne du terrain. Afin de suivre cette tendance écologique dans l’océan Indien, les îles Comores éliront aussi cette mesure à partir de janvier 2016.

La Californie est le premier état américain à bannir les sacs plastiques, déjà appliquée dans des villes telles que San Francisco, Los Angeles, Chicago ou Seattle. Ailleurs, le Rwanda, la Mauritanie et le Mali ont déjà adopté la mesure.

En Europe, La France promulguera cette loi en janvier 2016. Tandis que l’Irlande et le Danemark appliquent des taxes, dont l’effet dissuasif est vanté par leurs gouvernements: les Irlandais auraient ainsi baissé leur consommation de sachets de 90%.

Les sacs en plastique sont exemptés de la manière suivante :

  • Un sac transparent utilisé uniquement pour contenir des fruits de mer frais, réfrigérés ou congelés, de la viande, de la volaille, ou des déchets autres que les boites de conserves ou les œufs.
  • un sac conçu pour être utilisé pour l’élimination des déchets;
  • un sac conçu à des fins agricoles;
  • un sac utilisé pour prélever des échantillons ;
  • un sac qui constitue ou fait partie intégrante de l’emballage dans lequel les marchandises sont scellées avant leur vente sur le marché ou pour l’exportation ;

Source: www.govmu.org

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