Evidemment très attendue, l’annonce du budget 2020/21 devait atteindre des objectifs extrêmement variés…et parfois contradictoires. Il s’agissait de relancer l’économie, après le coup d’arrêt brutal imposé par l’épidémie du Covid-19, tout en protégeant les citoyens les plus faibles, déjà trés fragilisés par le confinement et l’arrêt de leurs activités. Ce budget devait, également, proposer des mesures susceptibles de relancer l’investissement étranger tout en rassurant les institutions internationales…. 

Le premier budget présenté par Renganaden Padayachy avait donc toutes les chances de ne contenter personne. Et, effectivement, la plupart des commentateurs semblaient s’attendre à ce que ce budget 2020/21 soit un “plan d’urgence économique et social”, une sorte d’électrochoc. Or, si ce programme budgétaire ne manque pas de mesures importantes, et d’actions symboliques fortes, il ne constitue aucunement le “budget de rupture” que beaucoup attendaient.

D’abord, parce qu’il maintient les dernières avancées sociales (dont le salaire minimum), en y ajoutant une allocation mensuelle de Rs 5 100, sur six mois, pour les salariés ayant perdu leur emploi et les indépendants dont l’activité se serait effondrée. Cette prolongation d’une mesure d’urgence déjà mise en place pendant le confinement semble porter deux indications:

  • tout d’abord, que le gouvernement s’attend à une hausse drastique des pertes d’emploi,
  • que les autorités ont conscience des conséquences fortes que cette hausse massive du chômage pourrait entraîner sur la cohésion nationale…

Plus symbolique (et habituelle), la baisse annoncée du prix du gaz ménager n’aura qu’un impact réduit sur la vie des moins favorisés. Il s’agit plus d’un geste politique attendu…

On remarquera qu’alors que le gouvernement français semble revenir sur sa parole d’octroyer une prime aux personnels soignants, le gouvernement mauricien parvient, lui, à donner une prime de Rs 15 000 aux professionnels de la Santé et aux policiers, pour récompenser leur action pendant la pandémie…

Taxation des entreprises générant plus de 500 millions de roupies de bénéfices annuels

Souhaitant renforcer la solidarité nationale, cette proposition de budget introduit une surtaxe sur les entreprises réalisant un bénéfice annuel supérieur à cinq cents millions de roupies. Une innovation évidemment décriée dans les instances patronales et entrepreunariales, mais, il convient de le souligner, sans trop de virulence.

Du côté de la relance économique, l’effort le plus spectaculaire est fait en direction du secteur de la construction. En effet, constatant logiquement que la relance de l’activité touristique ne dépend pas de son action, le gouvernement a préféré miser sur le redémarrage du secteur de la construction qui devrait se voir attribuer la plus grosse part d’un “fonds de reliance” chiffré à cent milliards de roupies! Les grands travaux publics déjà enclenchés avant le confinement, et ceux programmés, sont ainsi maintenus. Le logement social devrait également bénéficier de ce plan, avec l’annonce d’un parc de 12 000 nouveaux habitats programmé. Toutefois, ce dernier point est accueilli avec circonspection: cette “promesse” revient, budget après budget, sans être jamais réalisée…

Parmi les nouveaux axes de développement cités par le ministre de l’Economie, on retiendra la volonté de renforcer le tissu manufacturier local et d’encourager une production agricole plus diversifiée…

Enfin, du côté du secteur financier, l’absence de toute mesure de fond visant à restaurer la confiance des institutions internationales a immédiatement été dénoncée. Et beaucoup d’acteurs prévoient donc des heures particulièrement difficile pour l’off-shore mauricien…

De nouvelles règles pour attirer les résidents étrangers

Dans l’espoir de relancer l’immobilier et de consolider l’investissement étranger, le gouvernement a proposé une refonte complète des règles d’attribution du permis de résidence.

  • Le permis de travail et le permis de séjour seront combinés en un seul.
  • La validité du permis de travail et du permis de séjour pour les retraités a été étendue à 10 ans renouvelables.
  • Le montant minimum d’investissement pour obtenir un permis de travail sera réduit de 100 000 USD à 50 000 USD.
  • Le chiffre d’affaires et l’investissement minimum requis pour l’obtention d’un permis de travail ou d’innovateur sont supprimés.
  • L’EDB sera le seul organisme chargé de superviser les démarches d’obtention d’un permis de travail.
  • Les professionnels titulaires d’un permis de travail et les retraités étrangers titulaires d’un permis de séjour pourront investir dans d’autres entreprises sans aucune restriction d’actionnariat.
  • Les non-citoyens qui ont un permis de résidence dans le cadre des différents régimes immobiliers n’auront plus besoin d’un permis pour investir et travailler à Maurice.
  • Le permis de séjour permanent sera prolongé de 10 à 20 ans.
  • Les titulaires d’un permis de travail et d’un permis de séjour pourront demander un permis de séjour permanent s’ils ont détenu ce permis pendant trois années consécutives.

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