Le 21 mai dernier, l’association d’entrepreneurs, Business Mauritius (BM) tenait une conférence de presse en ligne. L’occasion de faire le point sur l’état de santé de notre économie et de présenter les mesures souhaitées pour accompagner le déconfinement… Cette session de communication digitale arrivait, également, à point nommé pour formuler quelques suggestions, à quelques semaines de la promulgation du budget de l’Etat.  

Si tous les intervenants ont, tour à tour, salué les initiatives gouvernementales visant à limiter l’impact économique et social de la pandémie, lors du confinement, l’ordre du jour de cette réunion virtuelle était résolument tourné vers la reprise de l’activité économique. En effet, et même si près de 40% des entreprises avaient, à cette date, déjà repris le travail, et si de nombreux indépendants étaient déjà à pied d’oeuvre, c’est bien le déconfinement généralisé qui devrait permettre à l’économie nationale de retrouver un volume de création de richesse significatif…

Le premier enjeu de ce retour au travail de l’ensemble de la population reste sanitaire: si Maurice a été largement épargnée par le virus Covid-19, un déconfinement anarchique, sans mesures de protection pourrait s’avérer désastreux et soumettre le pays à l’épidémie massive à laquelle il a jusque-là échappé. Business Mauritius a donc publié, dès avant le déconfinement partiel, un guide des “best practices” (meilleures attitudes) à la disposition des chefs d’entreprises, afin qu’ils soient en mesure d’assurer la sécurité de leurs employés. Un guide, a précisé Pradeep Dursun, le COO de BM, “qui est mieux que la loi, sur certains points”.

Des mesures fortes dans le prochain budget

Quant aux conséquences sociales, elles sont annoncées comme redoutables. “Pour le mois d’avril, les Etats-Unis et la France ont perdu respectivement 20 millions et 10 millions d’emplois” a rappelé le président de Business Mauritius, Vidia Moonegan, réclamant “des mesures fortes », « pour sauvegarder au maximum les emplois et les entreprises ». Toutefois, a-t-il continué, « un certain nombre d’entreprises et leurs employés sont malheureusement déjà dans de grandes difficultés économiques à cause du Covid-19.  Nous avons le devoir de travailler ensemble pour trouver des solutions afin d’aider le maximum d’entreprises à éviter la fermeture, et par ricochet, éviter des pertes d’emploi massives ».

Le CEO le BM, Kevin Ramkaloan a, par exemple,  souligné la nécessité que le prochain budget comprenne des mesures visant à soutenir, en priorité, les secteurs et entreprises en difficulté. « Le soutien déjà apporté par l’État est bienvenu, mais il faudrait aller plus loin, notamment au niveau des garanties de prêt et du support financier, sans oublier une aide plus ciblée aux secteurs et entreprises qui sont le plus en difficulté ».

Enfin, concernant l’avis émanant de l’Union Européenne et annonçant que Maurice serait classée sur la liste noire des centres financiers, BM redoute l’aspect dévastateur d’une telle mesure, dans le secteur de la finance, évidemment, mais également sur l’immobilier.

Le secteur de la communication lourdement sinistré

Selon une étude réalisée par Kantar TNS Analysis, la perte des revenus que devra subir l’ensemble du secteur de la communication devrait s’établir à 74%, pour la période s’étalant de mars à décembre 2020.

Réalisée à la demande le l’Association of Communication Agencies of Mauritius (ACA), cette étude met en évidence la fragilité de ce secteur d’activité, constitué, à plus de 80%, de PME…

« Certes, la situation économique n’est évidente pour personne, mais les dépenses liées à la communication sont souvent les premières coupes budgétaires des annonceurs. Nous avons ainsi décidé de faire une étude approfondie auprès de l’ensemble des acteurs du secteur, afin d’obtenir des données fiables et plus précises pour sensibiliser les autorités, les annonceurs et les divers acteurs économiques aux défis auxquels nous faisons face. Nous avons engagé des consultations auprès de la MCCI afin que celle-ci porte notre voix aux autorités concernées et que nous puissions bénéficier d’un plan d’aide post-Covid-19. Maintenant, nous avons espoir que notre appel de détresse soit entendu et que nous puissions faire partie de la relance économique tant attendue », explique Cyril Palan, président de l’ACA. Vincent Montocchio, vice-Président de l’ACA, ajoute pour sa part : « Nous avons besoin d’aide pour continuer à accompagner les marques locales à se réinventer car nous sommes clairement, dans la chaîne de valeur, le lien entre les affaires, la consommation et le public. Notre but ultime est de préserver l’emploi. Nous sommes convaincus que la communication en est un moteur puissant et nous avons espoir d’être entendus ».

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