La campagne internationale Movember, qui a gagné nos côtes en 2013, changera encore une fois le visage de notre île (et de ces messieurs) durant tout le mois de novembre. Ainsi, nombreuses seront les occasions de parler du cancer de la prostate. Zoom sur cette maladie qui touche de plus en plus d’hommes à l’île Maurice et dans le monde, avec le Dr Pravesh Sookha, chirurgien à la Clinique du Nord.

Le cancer de la prostate, c’est quoi ?

La prostate est une glande faisant partie de l’appareil reproducteur masculin. Elle située juste en dessous de la vessie, en face des intestins. Elle produit un fluide qui protège et enrichit le sperme. Le cancer de la prostate (CP) survient lorsque certaines des cellules prostatiques se reproduisent bien plus rapidement que d’habitude, ce qui donne ainsi lieu à une tumeur. Si elles ne sont pas traitées, les cellules cancéreuses sont susceptibles de se propager de la prostate à d’autres parties éloignées du corps, en donnant naissance à des tumeurs secondaires dans un processus connu sous le nom de métastase.

Quels sont les facteurs de risque ?

Age: Plus un homme est âgé, plus il est susceptible d’être diagnostiqué d’un CP. A 75 ans, 1 homme sur 7 risque de le développer et à 85 ans, ce risque est de 1 sur 5.
Antécédents familiaux: Un homme dont le père ou le frère a développé un CP a deux fois plus de chances de le développer. Le risque est d’autant plus élevé s’il a été détecté à un jeune âge.
Appartenance ethnique: L’on recense plus de cas chez les hommes noirs africains et afro-antillais.
Génétique: Bien qu’un homme ne puisse hériter du CP, il peut hériter de gènes augmentant les risques.
Alimentation: Il existe des preuves scientifiques insinuant qu’une grande consommation de viande transformées ou d’aliments riches en matières grasses peut augmenter les risques de développer le cancer de la prostate.
Mode de vie: Il existe des preuves indiquant que l’environnement et le mode de vie (manque d’activités physique et bonne hygiène de vie) peuvent influer sur le risque de développer un CP.

Quels sont les signes avant-coureurs ?

Zoom sur… le cancer de la prostateL’un des aspects les plus inquiétants de la maladie réside dans le fait que la plupart des CP se développent sans que les hommes ne ressentent, au départ, aucun symptôme. Toutefois, certains remarqueront des changements dans leur fonction urinaire ou sexuelle susceptibles d’indiquer la présence d’un CP. Ces symptômes comprennent :

  • Besoin fréquent d’uriner, notamment la nuit
  • Difficultés à commencer à uriner ou à se retenir d’uriner
  • Flux d’urine faible ou interrompu
  • Besoin de forcer pour finir
  • Sensation ne pas avoir vidé la vessie
  • Urination douloureuse ou qui brûle
  • Besoin de courir aux toilettes, avec d’éventuelles fuites urinaires
  • Difficultés à avoir une érection
  • Éjaculation douloureuse
  • Présence de sang dans l’urine ou le sperme*

* La présence de sang dans l’urine ou le sperme peut être causée par d’autres problèmes de santé. Parlez-en à votre médecin pour un diagnostic sûr.

 Comment se fait le dépistage ?

L’objectif du dépistage consiste à détecter le cancer de la prostate au plus tôt, avant que la maladie n’évolue. Le Dr Sookha recommande le dépistage 1 fois tous les 2 ans à partir de 45 ans et 1 fois tous les ans après 55 ans.

Le toucher rectal (TR): Le TR consiste à ce que le médecin introduise un doigt ganté dans l’anus, où il est possible de sentir une partie de la surface de la prostate.

Le test de dépistage de l’APS (APS): Le test de dépistage de l’APS recherche la présence d’une protéine dans le sang qui est spécifiquement produite par les cellules prostatiques.

Biopsie: Il s’agit de la seule façon permettant de déterminer la présence éventuelle du cancer.
Nous vous recommandons de discuter de votre situation avec votre médecin, afin de décider si le dépistage vous convient.

Quels sont les traitements ?

Si on vous a diagnostiqué un CP, il est important de garder à l’esprit qu’un grand nombre de CP sont à évolution lente et susceptibles de ne pas avoir besoin d’intervention chirurgicale, ni d’autres traitements radicaux. Les options de traitement comprennent :

  • Une surveillance active
  • Une prostatectomie
  • Une radiothérapie
  • Une hormonothérapie
  • Une chimiothérapie

Eventuels effets secondaires

Incontinence, dysfonction érectile et éventuelle prise de poids due à l’hormonothérapie.Un des effets secondaires du traitement pouvant être une dysfonction érectile, le CP peut avoir de graves répercussions sur les relations intimes. Ainis, le CP n’est pas seulement une maladie masculine, mais aussi du couple. Assurez-vous de faire participer votre partenaire au choix des différentes options de traitement.

Movember

Créée en Australie en 2003, la campagne Movember (contraction de moustache et novembre) invite les hommes à se laisser pousser la moustache pendant un mois. Le but ? Soutenir la recherche médicale sur les cancers masculins, en particulier ceux de la prostate et des testicules. Au cours des 13 dernières années, la fondation a récolté 710 millions de dollars pour la santé masculine. En 2015 la communauté Movember s’est battue pour la santé masculine dans 21 pays à travers le monde. Grâce aux plus de 485 720 participants qui se sont laissés pousser la moustache, ils ont recueilli des dons de 61,1 million de dollars. www.movember.com

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