Au cœur d’une des provinces du continent imaginaire d’Océania, Winston Smith s’efforce chaque jour à se rendre au département des archives du Ministère de la Vérité où il est employé comme falsificateur. Ainsi il est chargé de vérifier (et surtout remanier) des articles, statistiques à volonté en fonction des souhaits de ses dirigeants. Le passé devient alors une arme dont les instances suprêmes désirent ne laisser qu’une trace avantageuse. 

Une pensée sclérosée dont « le Parti» use et abuse de propagandes pour mieux asseoir l’autorité du chef suprême, le fameux Big Brother. Pour cela, une langue appauvrie est utilisée afin d’asservir les individus, le « Novlangue». Cette volonté d’uniformisation tant par la tenue que par la raison transpire à chaque page et ira jusqu’à imposer à la population que 2+2 = 5.

Dans le but d’un contrôle constant, la Police de la Pensée dispose de télécrans afin d’épier tous les faits et gestes de chacun et une crainte rôde à tous les coins de rue de son message glaçant : « Big Brother vous regarde ».

Cependant jour après jour, les réflexions de Winston et une romance au sein de son département le poussent à remettre en cause ce système…

Une vie de conviction

George Orwell, ou Eric Arthur Blair de son vrai nom, vit le jour en 1903 en Inde britannique. Ce combattant tant par l’esprit que par les armes n’hésita pas à frôler la mort pour combler ses idéaux.

Ainsi Orwell s’engagea dans les milices républicaines lors de la guerre d’Espagne en 1936 et fit de sa doctrine émancipatrice un acte à part entière. Bravant le danger il se rendit sur les champs de bataille où il fut blessé au combat. De retour à Londres il écrivit pour dénoncer les atrocités du totalitarisme que son siècle savait créer.

La plume serait-elle alors plus létale qu’un fusil ?

L’auteur n’était pas à son coup d’essai, déjà en 1945 dans son ouvrage La ferme des animaux, un cochon despotique menait la basse-cour et était affublé du nom de « Napoléon ». Orwell comprit la nécessité de l’utilisation d’un monde imaginaire afin de véhiculer son message. De cette manière, le lecteur détermine lui-même la comparaison avec son réel et tire les conclusions de son temps.

Écrit en 1948, George Orwell n’avait fait qu’inverser les deux derniers chiffres de la création du roman pour intituler son œuvre futuriste. Ce génie de l’anticipation décrypta un mécanisme totalitaire si contemporain d’une époque longtemps tiraillée entre nazisme et régime stalinien.

À l’ère des écoutes de la NSA et des brèches de confidentialité des réseaux sociaux, une recrudescence de ventes de ce roman a été constatée. 1984 s’est même classé en tête d’affiche aux États-Unis depuis l’élection d’un certain Donald Trump et ses annonces de « fake news ».

Loin d’imaginer son impact, George Orwell ne put apprécier son succès à sa juste valeur. En effet, atteint de la tuberculose, l’écrivain à la fine moustache rangea définitivement sa plume à Londres en 1950 à l’âge de 46 ans.

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