Le comte Louis-Antoine de Bougainville est un nom synonyme de promesse de voyage. Pendant un périple de plus de deux ans, ce précurseur français effectue le tour du monde. Une aventure au long cours sur des navires démesurés. Deux bâtiments de plus de cent marins qui n’écoutent que les ordres de ce chef d’expédition. D’ailleurs, le voilà au large de l’île Maurice…

Au départ de Bretagne, du haut de la frégate La Boudeuse, l’homme à la perruque blanche scrute l’horizon. Plusieurs années de pérégrinations attendent Bougainville. Entre 1766 et 1769, le monde s’offre sous la proue de La Boudeuse et de L’Étoile, les deux navires choisis pour
cette exploration.

Un tour du globe missionné par Louis XV, un roi intéressé par la découverte de cet océan peu connu: le Pacifique. Une partie du globe si loin de l’hexagone, mais où il est toujours de bon ton de prospecter pour s’approprier les terres encore inoccupées…

Pour consigner les probables découvertes, un parterre de spécialistes participe à l’expédition. Ainsi, sur le pont des navires, un astronome, cartographe et botaniste annotent leurs carnets. Parmi eux, le fameux naturaliste Philippe Commerson. Ce dernier découvre une somptueuse plante à fleurs blanches lors d’une escale au Brésil. Il la baptise en l’honneur du chef d’expédition: le bougainvillier est né!

Une femme à bord !

Le compas et le sextant autorisent La Boudeuse à conserver le cap et, après avoir doublé le détroit de Magellan, la Polynésie et les îles indonésiennes, il est l’heure d’accoster à l’Isle de France.

Cependant, ce Philippe Commerson intrigue Louis-Antoine de Bougainville. Certes, c’est un scientifique brillant mais au-delà de ses trouvailles, son attitude est suspecte. En effet, le botaniste et son assistant semblent si proches… Trop proches! Et la stupeur frappe le maître à bord lorsqu’il découvre que cet « assistant » n’est autre que l’épouse de Commerson grimée en matelot! Le couple vit une parfaite idylle sur son navire. « Elle préfère l’amour en mer », c’est bien connu…

Toutefois la superstition des (vrais) marins l’emporte, une femme à bord étant signe de mauvais augure. Alors, le 8 novembre 1768, une fois l’Isle de France à portée de longue-vue, le couple est débarqué. Cette île, bientôt baptisée île Maurice, a de quoi ravir le spécialiste de la flore. Même si Commerson est débarqué, la sanction semble providentielle.

Bougainville et Poivre, deux aventuriers des mers 

De son côté, Bougainville apprécie également ce pays durant une courte escale. Ici, le comte rencontre Pierre Poivre et s’établit chez l’intendant de la colonie française. On imagine les échanges passionnés de ces deux aventuriers des mers, le sujet du commerce au sein des îles Moluques en tête, ou la découverte des îles Samoa. Mais l’heure est au départ, les vivres tendant à manquer. Il faut dépasser le Cap de Bonne Espérance et atteindre le vieux continent où le port de Saint-Malo attend ses héros.

De ses pérégrinations Louis-Antoine de Bougainville publie un livre en 1771, le fameux Voyage autour du monde. À la toute fin de sa carrière, le prestige de l’homme le fait sénateur sous Napoléon. L’empereur sait gâter les légendes tricolores et lui offre même le titre de comte d’empire et la présidence du conseil de guerre.

Il meurt à Paris en 1811 et repose au Panthéon. Ce lieu mythique dont le frontispice avertit chaque visiteur de l’importance de ses hôtes:
« Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ».

Vous voulez en savoir plus ?

Le spécialiste du monde maritime, Dominique Le Brun, vous emmène à travers les périples de Bougainville. Découvrez le diplomate autour du monde, sa vision de chaque contrée visitée et ses prestigieuses batailles pour l’indépendance américaine. Bougainville aux Éditions Tallandier.

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