Auteure d’une méthode d’alimentation au succès international, France Guillain était de passage à La Réunion en juin. La Gazette l’a rencontrée. – Stéphane Guillebaud

Dire que France Guillain tient la forme olympique relève du doux euphémisme. C’est une boule d’énergie qui pousse la porte de nos bureaux, à peine débarquée de l’aéroport après 11 heures de vol. Le cheveu en bataille et le regard pétillant, France n’assume pas seulement son âge, elle revendique fièrement ses 77 ans et la belle santé qui les entoure. Un peu comme si elle constituait la preuve vivante que sa méthode fonctionne. Et, à l’écouter, on aurait tendance à la croire.

Si elle assure vous aider à retrouver une jolie silhouette, une belle peau et une meilleure santé, la méthode France Guillain pointe aux antipodes des régimes miracles qui prétendent vous réconcilier avec votre corps trois semaines avant de bronzer sur la plage, avec le galbe de vos vingt ans, ou brûler vos graisses en 72 heures chrono.

Bio oui, mais en maîtrisant les quantités

La méthode France Guillain reste avant tout un état d’esprit, résolument tourné vers le bio (le vrai) et prônant une forme de retour aux origines, aux sources, aux racines. Celles d’un temps où la surabondance ne faisait pas loi, où les portions restaient équilibrées et modestes et où les caris, symboles d’une tradition préservée, ne s’enrichissaient pas de sucres, graisses, protéines et autres huiles néfastes. Retour aux origines et produits bio, pour France Guillain, l’un ne fonctionnant pas sans l’autre.

« Manger bio n’a jamais voulu dire manger intelligemment. Si vous vous goinfrez et manquez de vigilance sur vos assemblages, que les produits soient bio ou pas ne changera pas grand-chose ».

France Guillain était invitée à La Réunion par Virginie Chanteloup, organisatrice de formations et représentante de la méthode sur l’île intense.

Avec sa faconde héritée sans doute d’un lointain ancêtre méditerranéen, France évoque avec la tonalité d’une passionnée les clés de sa méthode. Elle fustige les sucres, farines blanches et les mauvaises huiles qui jalonnent nos repas, chasse les mauvaises graisses comme les mauvaises habitudes alimentaires, défend avec vigueur les vertus des graisses brunes oubliées et engage un vibrant plaidoyer pour les bains dérivatifs (l’application d’une poche de gel fraîche), les assemblages vertueux (une céréale, des légumes, un peu de légumineuses et un peu de protéines) et la modération.

Quinze ans de recherches autour du monde

Le propos séduit puis le constat s’impose : finalement, elle n’a rien inventé. Effectivement. Le succès de la méthode France Guillain ne réside pas seulement dans sa simplicité apparente mais surtout dans l’originalité de sa construction. Navigatrice hors pair, France a sillonné les mers du globe pendant près de vingt ans avec son mari et ses enfants. En bonne scientifique, sa formation, elle a scrupuleusement observé, à chaque escale, les meilleures habitudes alimentaires des populations. Enfant de Polynésie, elle avait connu la transition alimentaire plongeant la société maorie dans la surconsommation. De ses observations ailleurs dans le monde, elle a naturellement su séparer le bon grain de l’ivraie.

De cet immense travail de collecte effectué entre 1965 et 1979, une certitude a émergé. Partout dans le monde, les générations passées usaient des mêmes techniques pour maîtriser leur alimentation. Pour France, l’envie de partager s’est imposée. Plusieurs livres, des conférences, une petite touche de modernité dans la présentation et un soupçon de marketing, la « Méthode France Guillain » était née. Bains dérivatifs, Miam Ô fruits, Miam Ô 5 en constituent les piliers sémantiques. Simpliste? Peut-être, mais à priori efficace. La plus grande fierté de France se lit au fil des pages d’une monumentale étude de l’université d’Harvard dont les chercheurs avaient compilé à peu près tout ce qui se pratiquait dans le monde conduisant à une alimentation saine. Publiée en 2008, « La synthèse qu’ils en ont tiré reprenait exactement ce que j’avais préconisé 23 ans plus tôt ». Partie à la recherche des origines de l’alimentation intelligente, France Guillain poursuit désormais un autre challenge. Transmettre. La boucle est bouclée.

Bio express

France Guillain est originaire de Polynésie. Grâce à une bourse, elle rejoint la France à 13 ans, fait des études supérieures scientifiques, puis part à la voile autour du monde pour vingt ans. Chemin faisant elle n’arrête jamais d’étudier et de travailler, cumulant diplômes (notamment un Diplôme d’État de Diététique) et recherches. A partir de 1970, elle publie ouvrages et articles de presse plusieurs fois par an sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui. Grande navigatrice, elle faisait partie en 1986 de la sélection des 12 grands sportifs choisis par L’Équipe Magazine pour représenter la France au Festival de la Plagne.

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