Si l’île intense ne joue pas dans la même cour que sa grande sœur mauricienne, La Réunion travaille d’arrache-pied à la structuration d’une filière de tourisme golfique. – Stéphane Guillebaud

Face à une île sœur qui vient d’inaugurer son treizième parcours et à un voisin sud-africain qui affiche plus de 1,4 millions de participants, La Réunion avance ses pions avec humilité dans le paysage golfique de l’océan Indien. « C’est évident que nous ne jouons pas dans la même cour» admet Jean-Marie Hoarau, président de la Ligue Régionale de Golf de La Réunion. Mais qui dit humilité ne signifie pas pour autant manque d’ambition. Voilà une bonne dizaine d’années que l’île intense travaille d’arrache-pied à la démocratisation de la pratique du golf et, plus récemment, à la structuration d’une véritable filière de tourisme golfique. Avec succès.

« En 1998, La Réunion comptait quelques 600 golfeurs, confirme Jean-Marie-Hoarau. Nous accueillons aujourd’hui environ 3400 participants dont 3000 licenciés. Les clubs ont beaucoup œuvré pour l’ouverture de ce sport au plus grand nombre». Résultat, l’image élitiste qui auréolait la pratique s’estompe peu à peu, les tarifs se sont assagis et l’accueil d’élèves du secondaire via les cours d’Education Physique et Sportive, l’UNSS ou l’USEP contribue à faire naître quelques vocation au sein de la jeunesse réunionnaise.

Manque de structures

Parallèlement, la Ligue réunionnaise mène la concertation avec Île de La Réunion Tourisme (IRT) ainsi que les îles vanille pour développer le tourisme golfique. « Nous essayons bien sûr aussi de travailler avec les autres golfs de l’océan Indien. Cela ne se révèle pas toujours simple», regrette Jean-Marie Hoarau.

Promotion de la destination, formation du personnel des golfs réunionnais (à la pratique de l’anglais notamment), intégration de projets de développement dans le schéma d’aménagement régional (SAR), un comité de pilotage a été constitué, dédié à la montée en puissance de la filière. L’enjeu n’a rien d’anecdotique. « Un touriste golfeur dépense en moyenne entre 30% et 40% de plus pendant son séjour qu’un non-golfeur, assure Jean-Marie Hoarau. Chaque site génère une trentaine d’emplois directs, beaucoup plus lorsqu’il accueille une structure hôtelière. Enfin, un golf constitue certes une emprise foncière importante mais favorise la préservation de la bio-diversité ».

Autant d’arguments mis en exergue par Jean-Marie Hoarau pour la création de nouveaux parcours sur l’île intense. « Le nombre de licenciés augmente, la filière s’organise mais nous manquons de structures. Un ou deux parcours supplémentaires nous permettraient d’obtenir une meilleure répartition géographique sur l’île et d’afficher une offre globale plus attractive ». La pratique du golf se concentre effectivement sur l’Ouest et le Nord. L’Est et le Sud de l’île font pour l’instant figure d’oubliés. Un déficit que Jean-Marie Hoarau entend bien voir combler.

Trois golfs sur l’île

  • A ce jour, La Réunion ne compte que trois parcours de golf et aucun hébergement directement associé :
  • Le golf de Bourbon, sur la commune de l’Etang-Salé, au sud-ouest de l’île. 18 trous
  • Le golf de Bassin Bleu, sur la commune de Saint-Gilles-Les-Hauts (Saint-Paul), dans l’ouest de l’île. 18 trous
  • Le golf du Colorado, à La Montagne, entre Saint-Denis et La Possession, dans le nord de l’île

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