« On n’échappe pas à son passé. Ce que vous avez été est à jamais ce que vous êtes. »

Dans le crépuscule du 14 août 1947, les contractions d’une mère font échos dans le quartier. Et ce 15 Août 1947 à minuit, une double naissance se synchronise: celle d’un enfant et d’un pays. L’indépendance de l’Inde est actée et ainsi les pérégrinations du jeune Saleem Sinai peuvent débuter. Une fresque enivrante où les classes sociales, les gouvernements et les traditions indiennes défilent sur plus de huit cents pages. Les évènements de la vie du jeune homme aux dons extraordinaires se confondent avec l’histoire de cette nouvelle nation.

Du pinacle à la fatwa

Salman Rushdie est considéré comme l’un des auteurs de langue anglaise les plus brillants. Pour preuve, le prestigieux Booker Prize a élu en 2008 Les Enfants de minuit « Meilleur Booker Prize de l’histoire ».

Avec des allures de contes des « Mille et une nuits », ce second roman réussit avec brio la juxtaposition de l’histoire d’un homme et la trajectoire d’un pays. Évidemment, on devine les propres lignes de l’existence de Rushdie au sein de ce roman-fleuve. L’auteur britannique d’origine indienne est également né en 1947 et les clins d’œil ne manquent pas.

Cependant la vie de Salman Rushdie est indissociable d’un autre roman. Un livre que certains qualifieront de sulfureux et d’insultant envers l’Islam : Les Versets Sataniques.

Publiés sept ans plus tard, Les Versets Sataniques font l’effet d’une bombe. Selon les autorités religieuses, Rushdie a outrepassé les lois coraniques et le texte serait blasphématoire. L’Iran de l’ayatollah Khomeini lance une fatwa. L’écrivain et ses éditeurs sont ainsi condamnés à mort.

Une vie de protection et d’angoisse débute pour Rushdie et sa famille. Il se terre et demeure sous une constante protection policière. Tel un roman de John Le Carré, Salman change de maison régulièrement et mène, malgré lui, une vie de polar. Il change même de nom et se fait appeler Joseph Anton, un pseudonyme dont les références sont issues des idoles de Salman Rushdie : Joseph Conrad et Anton Tchekov.

Les Versets Sataniques sont brusquement proscrits dans plus de vingt pays. Là où les représentants interdisent le livre par conviction ou pour éviter toute montée de tension religieuse.

Une décennie plus tard, en 1998, l’Iran renonce à la fatwa. L’étau se desserre et Rushdie peut retrouver un ersatz de liberté. Salman Rushdie fait de nouveau rugir sa plume.

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