Homme de culture, Robert Furlong est surtout connu pour avoir longtemps présidé la Fondation Malcolm de Chazal. Il y a longtemps oeuvré, avec un zèle jamais démenti, à la re-découverte du grand peintre/écrivain mauricien. Mais le public, qui avait déjà pu voir Robert Furlong sur les planches du théâtre, a pu récemment découvrir ses talents comiques, dans un film diffusé dans les salles de l’île: The Come Back. Et à peine les projections ont-elles cessé que voilà Robert déjà investi dans d’intenses recherches devant aboutir à l’édition de nouveaux livres…

Quand je regarde en arrière, confie Robert Furlong, c’est uniquement pour voir le chemin parcouru, pour regarder en face mes échecs et, ainsi, mieux avancer. Je crois sincèrement que l’on est au monde pour réaliser des utopies et pour les partager. C’est ce que j’ai toujours essayé de faire: réaliser des rêves et tenter de les faire partager…” Et des rêves, il y en eut…

Lecteur compulsif, amoureux du théâtre, le jeune Robert Furlong rêve de faire de longues études universitaires et de devenir enseignant… Mais en cette fin des années 60, les bourses sont rares. Il obtiendra toutefois celle de l’Alliance Française pour aller étudier les Lettres Modernes à Madagascar, en compagnie d’un autre jeune mauricien: Finlay Salesse. “Dans cette période de décolonisation, se souvient Robert, l’Université Charles de Gaulle de Tananarive était en effervescence. L’ambiance y était extraordinaire. Et l’enseignement d’un excellent niveau.” Licence en poche, il part à Besançon, la ville la plus froide de France, pour préparer sa maîtrise… Le climat étant par trop rigoureux, il profite d’une prolongation de sa bourse pour migrer vers Nice.

Je suis alors membre du club des étudiants Mauriciens, comme Paul Bérenger et je fais souvent le trajet Nice/Paris en stop. C’est comme ça qu’un prêtre du 7ème arrondissement de Paris m’apprend que des travailleurs mauriciens font une grève de la faim. Je m’engage à leur côté et je coordonne le mouvement. Et là, je redécouvre mon île. En dialoguant avec ces compatriotes qui avaient tout quitté pour venir travailler en France, je redécouvre une géographie sociale de Maurice dont je n’avais pas conscience. Je réalise la misère dans laquelle on peut vivre ici… Pour moi, c’est un appel à revenir pour changer les choses. Comment? Je n’en sais rien… Mais je reviens à Maurice, en 1974, une fois obtenue ma maîtrise de Lettres. Pour vivre, je suis prof, dans des colleges privés, comme le QEC, puis dans l’enseigenement public. Mais, surtout, c’est une decennie de rêve: tout nous semble possible. C’est écrit partout: d’autres soleils sont disponibles!

“J’ai beaucoup marché”

Mais le réveil est brutal. Après les élections de 1976, la repression s’abat sur tous ceux qui se sont impliqués. “La police secrète avait des dossiers sur tout le monde, se souvient R. Furlong. Des fonctionnaires ont perdu leurs postes ou ont du rentrer dans le rang…” Afin de préparer la mise en place de l’éducation gratuite, un Institut Pédagogique est créé. Robert y intègre la section “Français”, avec le linguiste Vinesh Hokoomsing. “Mais l’ambiance reste pesante…et je fais acte de candidature à l’Agence Internationale de Coopération Technique de la Francophonie. J’y resterai 25 ans.
En charge du financement de projets de développement, Robert installera une télé éducative au Liban, une radio aux Comores, participera à l’élaboration d’une méthode d’alphabétisation en Haïti et d’une méthode d’alimentation en zone désertique! Il reviendra finalement vivre à Maurice en 2003. Depuis, il n’a cessé d’oeuvrer pour la diffusion de la culture sur l’île. En publiant les textes d’auteurs oubliés et en donnant un coup de main à toutes les initiatives. Mais avec Dalida, son épouse, ils sont aussi connus pour avoir arpenté, à plusieurs reprises, les chemins du pèlerinage de Compostelle, en engrangeant des fonds pour une association tournée vers l’aide à l’enfance en détresse…

Toute ma vie, remarque Robert, j’ai beaucoup marché. Je réalise seulement maintenant que la marche a été une activité très importante tout au long de mon existence. C’est en marchant que j’ai le mieux réfléchi, élaboré des rêves, des projets…mais c’est aussi en marchant que j’ai le mieux pris conscience du monde et des autres”…

Toujours Malcolm de Chazal

Visiblement hanté par la personnalité dévorante et le talent polymorphe de Malcolm de Chazal, Robert Furlong, en collaboration avec Ian pascal François, s’apprête à publier un ouvrage capital pour comprendre comment l’auteur de Sensplastique a été perçu à Maurice. Ce travail, logiquement salué par le jury du 19ème Prix Jean Fanchette, collationne l’ensemble des articles de presse qui lui étaient consacrés. Une mine d’or!

Commentaires Facebook

Donnez votre Avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous devriez lire aussi

David Seinker, l’homme qui vous permet de travailler dans le luxe

Il est jeune et sympathique, doté d’un physique