Et de 19! Du nom du petit frère de Maurice de Nassau, le musée Frederick Hendrick situé au sud-est de l’île fête ce mois-ci ses 19 ans. Un site historique abritant les premières constructions de l’océan Indien et des ruines toujours visibles. L’occasion de revivre la période hollandaise, ces pionniers de la colonisation mauricienne qui, pour la première fois, utilisèrent massivement cette terre placée sur la route des épices.

Dans le port d’Amsterdam, il y a des marins qui chantent… mais pas seulement. Si la Hollande actuelle ne respire pas la conquête, celle du XVIIème siècle brille de son éclat. De la Tasmanie au développement d’une ville d’Amérique du Nord, nommée Nouvelle-Amsterdam et rebaptisée ensuite New-York, ce petit pays d’Europe du Nord s’éveille!

À la toute fin du XVIème siècle, le vice-amiral Van Warwyck double l’île de la Passe et accoste dans la baie de Grand Port. Nommée Île du Cygne avant d’être débaptisée en l’honneur du Prince hollandais Maurice de Nassau, l’île Maurice fascine et la colonisation débute.

À cette même époque, l’hégémonie de la route des épices fait rage et l’Europe raffole de ces saveurs venues d’Orient, poivre et muscade en tête. Alors les Hollandais, exploitent le filon et remontent jusqu’aux Indes. La Compagnie des Indes orientales et son quartier général de Batavia – aujourd’hui Jakarta – organise le transfert desdites épices.

Grand Port sera l’escale toute trouvée

De longues semaines sont nécessaires au rapatriement de ces denrées rares et les avaries n’épargnent aucun navire. Le canal de Suez encore imaginaire, l’île Maurice, ajustée entre Afrique et Orient, sert d’étape avant de franchir le Cap de Bonne-Espérance. Et quoi de mieux que l’enceinte naturelle de la baie de Grand Port et son lagon pour tout mouillage et réparation de navire? D’autres avaient tenté différentes approches et goûté la virulence de l’océan. Le premier gouverneur de la Compagnie des Indes orientales en sait quelque chose, ce fameux Pieter Both qui, en 1615, se fit surprendre par une violente tempête lors de son retour sur sa terre natale. Deux des quatre navires sombreront dont celui du gouverneur dans un lieu voué à sa mémoire: la Baie du tombeau. Un des sommets de l’île à son nom symbolise cette reconnaissance posthume. Une tête de pierre irradiant la rade de son regard pétrifié.

Malgré tout, les Hollandais persistent et s’appuient de plus en plus sur ce morceau de terre sans réelle réussite d’installation. Dans le but d’ériger une colonie, la traite négrière en provenance d’Afrique et de Madagascar est initiée afin de bénéficier d’une main d’œuvre bon marché. Les gouverneurs successifs, dont Van der Meersh, feront intervenir les marchands d’êtres humains à dessein, sans succès.

 

Introduction de cerfs et de canne à sucre

En 1639, le premier mauricien verra le jour. Il s’agit de Simon Van der Stel qui naquit dans la cabine d’un bateau en provenance de Batavia. Son père, administrateur hollandais de la Compagnie des Indes orientales, étant tombé en amour pour une jeune malaise… A son tour, ce métis deviendra lui-même un administrateur de poids et c’est à lui que les Mauriciens doivent l’importation du cerf et de la canne à sucre. Des rangées de cannes ont ainsi supplanté la flore exotique pour devenir le pilier de l’économie de l’île.

Cette nature luxuriante, cachette de fortune, abrite également un drôle d’oiseau aux ailes atrophiées. Une sorte de gros pigeon, ou n’est-ce pas ce fameux cygne – bientôt dodo – qui accueille les marins le temps d’une escale? Après des mois passés en mer, les matelots peuvent alors ravir leurs papilles de sa chair. Tandis qu’un homme lui fait face, un autre se glisse dans le dos de l’oiseau et l’assomme à coups de maillet. Colons hollandais: 1 – Dodo: 0. Et bientôt le dodo est condamné au sommeil éternel, éradiqué par l’homme et les nuisibles importés au sein des cales des navires de passage.

La postérité est toutefois assurée grâce à l’armoirie de Maurice. Un cerf et un dodo encerclent des cannes à sucre. Une silhouette éternellement gravée dans l’Histoire et des ossements d’une valeur inestimable. À bien y réfléchir, l’oiseau danse encore! Colons hollandais: 1 – Dodo: 1

En 1710, l’île Maurice est abandonnée au profit de la ville du Cap, en Afrique du Sud. Cinq années de répit avant d’apercevoir un nouveau pavillon poindre au-delà du lagon. Un drapeau lui aussi aux couleurs de la Hollande, mais d’une orientation toute autre… Diantre! Les Français!

Vous voulez en savoir plus?

L’imprimerie à peine découverte, les cartes confectionnées au profit de l’île Maurice pullulent et démontrent l’engouement du lieu. Depuis la suprématie portugaise au sein des océans puis, celle hollandaise et des colonies suivantes, ce pays du bout du monde ensorcèle. Parcourez alors sa riche histoire grâce à l’imagination des cartographes et la justesse des textes.Ile Maurice, Voyages au gré des cartes – Éditions Vizavi.

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