C’est sur les hauteurs de Saint-Félix, au milieu de collines verdoyantes, que se trouve le Domaine de Chazal. S’il a été seulement animé par les saisons de chasse à ses débuts, il se positionne désormais comme une adresse où il fait bon se détendre. Ceci, par un développement raisonné d’activités de loisirs articulées autour de sa table d’hotes et de ses tentes en bord de rivière. Une offre qui s’enrichit dès le mois de mars.

Soleil rasant sur le Domaine de Chazal tourné vers la chasse et l’écotourisme

Aujourd’hui, le soleil est voilé par la pluie. Ce qui magnifie les verts du paysage mais oblige à changer les plans initiaux. Et au lieu de battre la campagne à pied, nous sillonnerons le domaine en pickup. Le Domaine de Chazal a ceci de particulier, c’est qu’il est resté entre les mains de la même famille depuis son acquisition en 1870 par Léon Daruty de Grandpré, arrière grand-père de Guillaume et Frédéric Robert, les frères gestionnaires et… développeurs de de Chazal. Une tâche à laquelle ils se sont attelés depuis 2001 et qui a abouti à sa mouture actuelle, une plateforme naturelle sur laquelle il est possible, entre autres choses, de randonner, faire du vélo, de la tyrolienne, de se restaurer, dormir et, bien sûr, de chasser. Guillaume, qui tient le volant, précise en accompagnant ses paroles d’un large geste :

« le domaine compte une partie haute, le chassé qui couvre une superficie de 1250 hectares, amené à terme à faire 2000 hectares; il s’arrête peu avant la cascade d’Alexandra Falls et abrite dans sa partie basse, la vallée qui concentre les activités de loisirs. »

De gauche à droite, Guillaume et Frédéric Robert, propriétaires et gestionnaires du domaine

La première halte se fait au Cerf d’or, le campement de chasse, une bâ-tisse en demi-rotonde avec salle, bar et large terrasse ayant fait l’objet de nombreuses améliorations. De belle superficie, le campement outre son usage premier qui consiste à accueillir les chasseurs lors de la saison s’ouvre aussi aux demandes extérieures pour l’organisation de réceptions privées et de teams building pouvant rassembler jusqu’à 150 personnes. « Les départs et retours de chasse ainsi que la réception qui clôture la saison, en général un barbecue, avec les familles et amis des chasseurs se font ici». Tout en devisant sous la terrasse du campement, l’on apercoit déjà quelques cerfs sortis des sous-bois pour brouter sur les collines alentours…

Le cheptel de cerfs de Java compte environ 1200 têtes

Foison d’activités dans le chassé et la vallée

En nous éloignant du campement de chasse, on les voit de plus en plus nombreux, tantôt curieux et aux aguets du véhicule qui passe, tantôt plus craintifs et détalant à son approche. A un détour de la piste, alors que les ondées s’espacent, les chutes d’Alexandra Falls, particulièrement gonflées par les dernières pluies se dévoilent. De face, sous un angle de vue permis uniquement par le domaine. Ici, les randonnées et les balades à vélo disponibles à la réception ou avec son propre VTT n’offrent pas moins que cela : une reconnexion avec la nature, particulièrement émouvante lorsqu’elle est portée par l’absence de nuisances sonores, la contemplation de paysages nuancés par une infinie variété de verts, par l’écoute des oiseaux et… du calme, par la redécouverte des espèces endémiques que sont les bois de natte et les bois d’ébène, nombreux dans le coin. Promenades, certes, mais pas seulement! Le domaine qui est traversé par la Rivière des Galets propose une activité des plus ludiques avec son trekking en rivière : un itinéraire de 3h dans l’eau allant irriguer les centaines d’hectares de cannes à sucre en contrebas, fait alterner nage dans les bassins, glissades dans les toboggans naturels, massage sous les cascades… Et la tyrolienne, autre activité phare du site se fait justement au dessus de la Rivière des Galets, le parcours ayant été aménagé de facon à voler au-dessus du cours d’eau. Et comme il est toujours juste de rendre à César ce qui lui appartient, c’est d’ailleurs le Domaine de Chazal qui fait office de précurseur en matière de tyrolienne à Maurice, comme dans tout l’océan Indien, les premières lignes ayant été installées par Frédéric Robert en 2004.

Le trekking de rivière, à la fois ludique et pédagogique

La dépense physique appelle au réconfort

« Ping pong, pétanque, volley ball, tennis volley, tir à l’arc, même du football si les participants sont assez nombreux, ou les activités liées à nos trois bassins comme pêcher ou s’adonner à une session de “fish therapy” sont toutes les autres façons de profiter d’une journée en famille ou entre amis », expose Frédéric, alors que nous sommes de retour vers la réception. Et ceux qui souhaitent prolonger leur séjour ne seront pas décus par les « tentes » tout confort, sur pilotis, d’une capacité de quatre personnes qui bordent la rivière. Leur atout charme, indéniable, s’est construit sur une association de fond musical de l’eau qui court et d’une nature généreuse. Déjà fort de toutes ces offres, les deux frères annoncent que leur domaine est sur le point de lancer une série de nouvelles activités. Parmi elles, un package à la journée incluant un itinéraire pédagogique en faveur de la flore, de la faune et, un parcours de tyrolienne dans un verger d’agrumes reconverti, sera disponible d’ici mars.

« Nous sommes, en effet, en train de créer un parcours fléché de 45 mn avec identification des espèces végétales et animales sur une base de supports écrits explicatifs”, précise Guillaume.

Un concept qui viendra s’adosser à la boucle de 30mn et au parcours fléché de 11km déjà existants et qui signe une nouvelle étape de vie dans le développement de ce domaine, aux antipodes de la fréquentation de masse. Et il tire un charme certain de son cachet sauvage et de ce fait, ultra authentique.

La chasse, en format club ou en individuel

On le sait, la chasse est une activité profondément ancrée dans la tradition mauricienne. Ouverte de début juin à fin septembre dans toute l’île, elle s’organise sur le chassé de Chazal autour de dix battues, réunissant chacune un maximum de 24 chasseurs. Un chiffre plafonné dans un souci de donner au cheptel, – environ 1200 cerfs  aujourd’hui-, la possibilité de grossir pour atteindre le nombre de têtes escompté dans 4 ans, selon Guillaume Robert. Réunis au sein de l’association la Société Parc Saint-Romain, gérée par M. Robert père, les chasseurs se retrouvent d’année en année pour la chasse à la battue. Par opposition à la chasse à l’approche que Guillaume organise sur demande individuelle. Entendre par le terme “individuel” un maximum de trois personnes, mais avec un seul porteur d’arme. Bien évidemmemt, qu’elle s’inscrive dans le cadre du club ou en individuel, la chasse est soumise à un cadre règlementaire et ne peut se pratiquer que sur justificatif de trois documents: un certificat d’aptitude delivré par le médecin, valable 5 ans, à remettre aux autorités du district où est enregistré le chasseur. C’est ce document qui lui donnera ensuite accès au permis de port d’arme et au permis de chasse, à renouveler à chaque saison, d’année en année.

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