A l’heure dite, nous arrivions à Mapou, devant le show-room Harley Davidson. Quatre belles motos étaient déjà alignées sur le parking, dont une superbe Street Boy de 1585cc. Ce sera notre monture pour la journée!

Peu à peu, arrivent les bikers, montés sur des machines toutes plus rutilantes les unes que les autres. Les chromes ont, visiblement, été astiqués pour cette sortie. Ca brille de partout! Quelques motards ont même choisi de jouer la carte « Harley » jusqu’au bout… Ils sont bardés de cuir, logotisés aux armes de la marque américaine et portent, bien sûr, le bandana. On s’embrasse, on compare les motos, on prend des nouvelles des absents, en sirotant un café ou un jus de fruit… On le voit tout de suite, le HOG (pour Harley’s Owners Club)  n’est pas simplement un club, mais vraiment un groupe de potes qui aiment rouler ensemble! Nous ne faisons pas partie du clan et, circonstance aggravante, notre moto asiatique est stationnée devant la vitrine du magasin… Pourtant, il aura suffi que Didier Ducasse annonce que nous allions prendre part à la sortie, pour que chacun se comporte, à notre égard, comme si nous étions membre du HOG. C’est sympa, et cela vient contredire l’image, un peu trop facilement colportée, d’une confrérie exclusive et sectaire.

Didier Ducasse, propriétaire de la concession locale de Harley Davidson…et sa belle passagère.

Parmi les grosses cylindrées sagement alignées, deux motos dénotent: leurs moteurs ne sont pas si gros…et elles sont anglaises! Il s’agit de deux Royal Enfield. Ce sont des habitués qui s’intègrent parfaitement dans le groupe… «Notre passion, c’est, avant tout, celle de la moto, explique Didier. Et puis les possesseurs de Enfield ont souvent la même philosophie que la nôtre: se balader tranquillement avec des copains.»

Pendant que les conversations se poursuivent, trois Porsche arrivent. Ce sont des amis de propriétaires de Harley (l’un des « porschistes» possède d’ailleurs lui-même une Harley Davidson…) qui ont été invités à passer la journée avec les motards. Pour raison de sécurité (et pour éviter toute tentation de course entre motos et voitures de sport), les Porsche partiront devant le cortège des bikers.

Quelques superbes Porsche ayant pris part à cette sortie.

Un convoi qui ne passe pas inaperçu

C’est Pierre-Yves Rotten, le président du HOG, qui donne l’itinéraire et les consignes. De Mapou, montée vers Grand Baie par l’autoroute, puis direction Balaclava, Arsenal et retour sur l’autoroute à l’entrée de Port-Louis. De là, direction Albion, pour une halte au phare. On s’y rafraîchira, avant de reprendre la route pour Flic en Flac, où un déjeuner attend les bikers, dans un hôtel de la côte. Quant aux consignes, elles sont habituelles pour ce type de convoi: ne pas doubler, rouler en quinconce, garder une bonne distance de sécurité, respecter le code de la route…

Un grand classique américain…aux chromes étincelants.

Dans le vrombissement caractéristique de leurs V-Twins, les motos démarrent et forment une longue file. Sur l’autoroute du nord, ce long cortège de grosses cylindrées aux chromes étincelants ne passe pas inaperçu. Certains automobilistes ralentissent pour admirer le convoi, d’autres font de grands saluts, auxquels les motards répondent bien volontiers. Le rythme est paisible…pour ne pas dire un peu lent. Nous l’avions deviné en écoutant les uns et les autres avant le départ: la plupart des bikers présents roulent peu, et seulement le week-end. C’est tout à fait respectable (et compréhensible), mais il est certain que cela ne permet pas d’acquérir les réflexes du motard qui roule tous les jours… Rien de grave et Didier Ducasse, qui a, lui aussi, pris le guidon d’un impressionnant cruiser, intervient, de temps à autre, pour faire respecter les distances de sécurité, bloquer un carrefour ou signaler un nid de poule.

Sur la route de Balaclava…comme un air de Route 66.

Dans un vrombissement assourdissant, nous traversons les villages de Mont Choisy, Trou aux Biches et Pointe aux Canonniers. Partout, les passants s’immobilisent et nous saluent. Beaucoup nous filment avec leurs portables. Même enthousiasme chez les autres usagers de la route. En scooter, mobylette ou petite moto, quelques motards se trouvent, bien malgré eux, noyés au milieu de notre groupe. Pas d’agressivité, ni d’un côté, ni de l’autre: quelque soit la cylindrée et la marque, nous sommes tous des passionnés!

Style trés british, pour cet heureux propriétaire d’une Royal Enfield.

Confort de sellerie exceptionnel

Nous voilà à Albion. Au pied du phare, les Porsche sont déjà là… et elles sont même plus nombreuses qu’au départ… Une marquise aux couleurs de Harley Davidson a été dressée et un bar improvisé. Il est vrai qu’on a avalé pas mal de poussière, et les boissons aimablement proposées sont les bienvenues. La halte dure un peu plus d’une demi-heure, le temps de commenter le trajet effectué jusqu’ici, et d’admirer les sportives allemandes.

Nous repartons vers Flic en Flac… A l’hôtel, un superbe déjeuner attend les bikers. De quoi finir, de manière sympathique, une belle virée. C’est aussi l’occasion de prendre une «photo de famille» qui viendra gonfler l’album de famille, déjà bien garni, du HOG of Mauritius!

Un mythe qui peut devenir accessible

Didier Ducasse n’est pas de ces hommes d’affaires qui vendent des motos comme ils vendraient n’importe quel autre produit. Sa première Harley Davidson, il l’avait acheté en France, il y a déjà longtemps… et payé, au prix fort, l’importation de sa machine et les taxes auxquelles elle était soumise! Il est le premier à reconnaître que les motos américaines sont chères, mais il ajoute que l’on peut, vivre le mythe Harley à moindre coût. «Un membre du HOG, explique-t-il, n’est pas à la tête d’une fortune : il est maçon! Mais c’est un motard qui a patiemment économisé. Au bout de quelques années, il disposait de l’argent nécessaire pour acheter une japonaise neuve. Pour le même prix, il a trouvé une Harley Davidson de seconde main, ayant peu roulé et en excellent état… Il n’a pas hésité et fait partie du HOG. Ce genre d’opportunités devrait être de plus en plus fréquente ! » Et, même sans acheter une moto, on peut rouler Harley: la concession mauricienne propose déjà deux Harley en location, et d’autres devraient bientôt arriver.

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