Située à environ 5 kilomètres du village de Goodlands, dans le nord-est de l’île Maurice, l’île d’Ambre est une réserve naturelle regorgeant de nombreux secrets. Source d’inspiration pour un roman tragique mondialement connu ou lieu privilégié par les amoureux de la nature et écosystèmes marins, ce petit bijou est un vrai coin de paradis.

par Zubair HANSYE et Olivier EDOUARD

 

Une discrète merveille

L’un des aspects les plus intéressants de l’île d’Ambre est la flore qui l’entoure. Sa végétation variée, créant des petits passages ombragés sous lesquelles il est agréable de pagayer. Lors des arrêts pour admirer les mangroves, Hemraz en profite pour nous parler de l’histoire fascinante de l’île d’Ambre.

A la fois une activité physique et conviviale, pagayer en binôme s’avère être un geste assez complexe à maitriser. Après quelques minutes passées à trouver le bon rythme (à éviter les collisions avec les autres kayaks et les mangroves) et surtout la bonne synchronisation, nous parvenons enfin à approcher progressivement de l’île. Le cadre est idyllique. Le silence est le calme, nous font oublier l’effort et nous plongent dans ce décor magique. Que demander de mieux par cette belle matinée d’été ? Une rencontre avec les habitants de ces eaux cristallines, peut-être ?

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous avons droit à un petit plongeon, à la fois instructif et rafraichissant. Munis de masques et tubas, nous allons admirer de plus près les mangroves. Nous rencontrons également plusieurs variétés de poissons, notamment le petit poisson-lune ou encore des cochers qui peuplent les lieux. « Nous sommes dans un véritable aquarium. C’est une nurserie pour les poissons », nous dit Hemraz. Il en profite également pour nous parler de la mangrove. Cette plante aquatique a, en effet, un rôle de crèche pour les poissons, étant source de nourriture et de protection contre les grosses pluies et de l’érosion.

A la découverte de l'île d'Ambre en kayak

Nous sommes dans un véritable aquarium. C’est une nurserie pour les poissons.
-Hemraz

Descente sur l’île

Après cette pause autant ludique, sportive et éducative, nous reprenons les kayaks et continuons notre balade en mer. Direction : une petite jetée, donnant accès à l’île. Entre-temps, la marée est rapidement montée, provoquant un courant légèrement plus fort. Novices, nous devons mettre encore plus d’énergie pour ne pas dériver et poursuivre notre exploration instructive. Un quart d’heure plus tard, nous voilà arrivés au port d’arrimage. Pied à terre, nous prenons quelques rafraîchissements bien mérités sous un abri, entouré d’arbres endémiques, gecko et papillons vivant sur l’île.

L’île d’Ambre doit son nom à la présence d’ambre gris, issu de la digestion de l’encre de seiche mangé par des cachalots, sur sa plage. Il s’agit d’un trésor rarissime, utilisé en parfumerie depuis la nuit des temps. Depuis près d’un siècle, ce petit paradis tropical de 137 hectares est inhabité, et a été transformé en réserve naturelle. Les officiers des Bois et Forêts viennent y travailler quotidiennement. Le but est d’y restaurer la flore indigène et endémique. 3 000 plantes ont déjà été mises en terre, mais un lourd travail de contrôle reste à faire en rapport aux plantes exotiques qui ont envahi les lieux.

Le département des Bois et Forêts garde les différents sentiers faciles d’accès pour les visites et études menées sur l’île. Non loin du point d’embarcation se trouve un étang certainement utilisé comme point d’eau à l’époque. Actuellement, il presque à sec et l’eau est saumâtre. Dans la forêt, quelques Lataniers bleus et autres plantes endémiques de Maurice et des Mascareignes tentent de résister aux envahisseurs exotiques, notamment le Tecoma, le Filao et l’Araucaria. Plus loin, dans une clairière, nous retrouvons ce qui reste des anciennes maisons, traces de la présence humaine autrefois. Les archives indiquent la présence humaine sur l’île depuis le naufrage du Saint-Géran en 1744, toile de fond du roman Paul et Virginie.

Apres notre petite escapade, nous reprenons nos kayaks pour franchir la distance qui nous sépare de notre point de départ. Cette excursion est parfaite pour ceux qui souhaitent découvrir le kayak autrement et en apprendre d’avantage sur l’histoire de l’île Maurice et es alentours.

La mangrove : tout un écosystème marin

La mangrove entoure presque entièrement l’île d’Ambre, créant une réelle ceinture de protection. Le palétuvier Rhizophora mucronata (aussi appelé mangrove rouge) est l’espèce dominante sur le site. En général, la mangrove se développe sur le littoral dans des zones calmes et peu profondes. Elle occupe les trois-quarts des côtes et deltas des régions tropicales, assurant une excellente protection contre l’érosion et même les tsunamis. De nombreuses espèces d’oiseaux peuplent la mangrove, mais les crabes, les mollusques, les crustacés et les poissons sont les plus présents. D’autre part, ces plantes tolèrent très bien le taux de sel élevé de la mangrove. Par exemple, les palétuviers rouges s’isolent du sel en ayant des racines imperméables qui agissent comme un mécanisme d’ultrafiltration pour éliminer le sel. L’eau de végétation contient ainsi jusqu’à 90 %, et dans certains cas jusqu’à 97 % moins de sel que l’eau dans laquelle les racines baignent. Les palétuviers blancs (ou gris) peuvent sécréter le sel par l’intermédiaire de glandes à sel à la base des feuilles (d’où leur nom puisqu’elles sont couvertes de cristaux blancs de sel).

A la découverte de l'île d'Ambre en kayak

A la découverte de l'île d'Ambre en kayakPaul et Viriginie

En 1744, l’Ile d’Ambre fut la toile de fond du plus célèbre naufrage amoureux de l’histoire : Paul et Virginie, le tragique roman de Bernardin de Saint-Pierre. L’histoire se passe au début du 18e siècle. Madame de la Tour élève seule sa fille Virginie, tandis que le petit Paul grandit avec sa mère Marguerite. Ensemble, les deux enfants découvrent la vie, et leurs jeux innocents deviennent, à l’adolescence, un profond amour. Désireuse d’offrir un meilleur avenir à sa fille, Madame de la Tour envoie Virginie étudier en France. Ayant refusé de s’y marier, elle est renvoyée à sa mère. Hélas, une tempête malmène le Saint-Géran, le navire dont Paul guette l’arrivée avec une impatience infinie. Au matin du 17 août 1744, après s’être engagé dans une passe trop étroite le navire s’échoue. Virginie meurt, après avoir refusé d’ôter ses vêtements pour nager, comme le lui conseillait le marin qui lui tendait la main…
Ecrit en 1788, Paul et Virginie est le plus grand best seller – en nombre de rééditions – de langue française. Si les lieux évoques (Poudre d’or, l’île d’Ambre, Cap Malheureux…) sont décrits par l’auteur qui y a vécu, les détails du naufrage du Saint-Géran sont, eux, largement romancés.

Yemaya Adventures

Yemaya Adventures, géré par Patrick Haberland, conjugue parfaitement écotourisme et découverte. Cet ex-cycliste de haut niveau et spécialiste du kayak de mer, vous entraînera hors des sentiers battus : au cœur de la mangrove et à la découverte du lagon de l’île d’Ambre, sorties VTT et randonnées sur toute l’île. Située à Calodyne, (Grand-Gaube), cet amoureux de la nature et des sensations fortes vous fera découvrir son île Maurice, dont il connaît la faune, la flore et l’histoire, de manière unique et mémorable.
Téléphone : (230) 5752 0046
E-mail : adventure@yemayaadventures.com ou sur www.yemayaadventures.com

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