Au Sud-Est de l’île, à Riambel, tout près de Souillac, il existe un lieu dont la réputation ne cesse d’enfler. Surnommé «Le Vortex», il s’agit d’un parc dédié à la méditation, à la recherche d’une certaine transcendance, à l’épanouissement spirituel. On peut en penser ce que l’on veut, adhérer à cette démarche ou la rejeter catégoriquement… Toujours est-il que ce lieu existe et que de plus en plus de monde le fréquente. Rencontre avec Sébastien Rousset, l’un des animateurs du Vortex de Riambel. 

Le visage encore presque adolescent et le regard pétillant, Sébastien Rousset accueille, avec une discrète bienveillance, le visiteur. «L’accès est libre, tient-il à préciser immédiatement, et chacun vient avec son histoire, son vécu et sa démarche. Certains sont demandeurs d’explications, veulent être guidés. D’autres ont besoin de dialoguer, ou simplement d’être écoutés… d’autres encore, veulent simplement être seuls, et ne surtout pas être dérangés ou accompagnés. C’est le principe même de ce lieu. Il n’y a pas de règle, pas de méthode. Juste une énergie.»

«Energie», le mot est lâché! «Que nous le réalisions ou pas, entame Sébastien, nous sommes sensibles aux énergies qui se dégagent des choses, des lieux, des êtres. Certaines personnes que nous fréquentons, nous donnent la pêche, par leur amour, leur bienveillance, leur enthousiasme. A l’inverse, d’autres personnes, et sans que l’on sache vraiment pourquoi, nous épuisent, nous pompent notre énergie! Un vortex, c’est justement un lieu qui dégage une énergie telle, que si l’on s’autorise à recevoir cette énergie, si on se donne les moyens de la recevoir, elle nous régénère. Dans certaines religions ou philosophies, on parlerait de purification…» Voilà donc ce que serait ce fameux vortex, un portail donnant directement accès à l’énergie primale, celle qui vient du centre de la Terre, de la «fréquence vibratoire de Gaïa, la Terre-mère», comme dit notre hôte. «Et de l’énergie céleste», ajoute-t-il. «La médecine traditionnelle chinoise identifie soixante-douze mille points d’acupuncture sur le corps humain, chacun libérant une énergie spécifique, au bénéfice d’un organe ou d’une zone précise du corps. Dans l’hindouisme, les chakras, et d’autres notions plus complexes, jouent ce même rôle. On peut donc supposer qu’il y a, sur Terre, des milliers de puits d’énergie » Toutefois, celui de Riambel est exceptionnel!

 

Avoir déjà initié un travail sur soi-même

Il fait partie d’un ensemble très limité de vortex plus puissants que tous les autres: «Il y en a treize autres répertoriés. Ils ont la particularité de libérer les deux énergies fondamentales, celle qui vient du cosmos, l’énergie céleste, et celle qui vient du centre de la Terre, l’énergie tellurique. C’est en ce sens qu’ils constituent des lieux précieux : ils sont si puissants que leur fréquentation permet, à celui qui a entamé un parcours spirituel, d’aller plus vite et plus loin.» Voilà donc une autre dimension à prendre en considération pour bien comprendre le discours de notre guide : le vortex, seul, n’occasionnera aucune révolution de l’âme. Pour tirer pleinement profit d’un tel lieu, il faut avoir déjà initié un travail sur soi-même. En somme, pour chercher à retrouver l’équilibre, grâce au Vortex, il faut déjà avoir pris conscience d’un déséquilibre… Il y a bien une certaine logique, et l’on peut comprendre que celui qui cherche à se ressourcer, soit sensible à un lieu si paisible…

D’autant que, c’est vrai, les aménagements réalisés, et notamment les charmantes petites cabines où l’on peut s’isoler, incitent à l’introspection!

A contrario, suivre Sébastien plus loin, semble plus difficile. Pêle-mêle, dans une démonstration confuse où s’entrecroisent des références floues et des interprétations approximatives, dans une phraséologie qui semble directement inspirée par les livres de Coelho, on quitte progressivement l’énergie pour la lumière, et la simple méditation pour une élévation impitoyablement sélective : seuls ceux qui auront «progressé» seront sauvés…

Et la lecture du flyer aimablement remis à la fin de la visite vient encore approfondir le malaise. On peut ainsi y lire: «En cas de maladies physiques ou psychologiques, des soins plus ciblés peuvent se faire sur le vortex. (…) Le travail de soin se fait par des médecins du ciel (que certains nomment anges, guides ou par d’autres noms).» Il faut bien reconnaître que l’on se situe, là, bien loin de la simple sensibilité à une source d’énergie, fut-elle cosmique ou tellurique… !

Dommage. L’accueil chaleureux de Sébastien, son ouverture au débat, que l’on sent réelle, la simplicité et la quiétude du site plaidaient, jusque-là, en faveur du Vortex de Riambel!

 

Cathy et Lina, à l’origine du Vortex

Cathy Muller est citoyenne suisse, mariée à un Mauricien. Ils ont trois enfants mais, en 1999, à Maurice, la petite Lina décède d’un cancer. On imagine aisément la détresse absolue de cette famille et la douleur immense de Cathy. Mais des «signes», que lui adresse Lina, viennent la rassurer. Peu à peu, la mère entend sa fillette lui parler… C’est elle qui lui révèlera l’existence des «vortexs» et l’emplacement de celui de Riambel. Ce serait également Lina qui aurait encouragé Cathy à créer un groupe de bénévoles portant le nom de «Travailleurs De l’Amour» (TDA). Sébastien Rousset est l’un d’entre eux.

Le cimetière marin de Souillac, comme un voyage dans le temps

Immédiatement voisin du Vortex de Riambel, le cimetière marin de Souillac permet de remonter dans le temps… Jusqu’aux premiers jours de la colonisation française. Elles sont touchantes, ces tombes oubliées, aux inscriptions souvent effacées. A leur manière, elles racontent l’histoire de l’île Maurice… ou plutôt, l’histoire d’une certaine île Maurice, celle de la colonisation française.

Cette histoire, c’est d’abord celle d’une frontière longtemps infranchissable : la couleur de la peau. En effet, toutes les sépultures vraiment an-
ciennes sont celles d’hommes, de femmes et d’enfants blancs! Les esclaves, eux, n’étaient pas inhumés sur la même portion de terre consacrée que leurs maîtres…

Mais ces tombes nous parlent aussi d’une évolution sociale, peut-être même d’un bouleversement social. Il est effectivement frappant de constater que les tombes datant du XVIIIème siècle sont particulièrement modestes. Une simple dalle de basalte gravé, pour la plupart. Et même quelques têtes de mort – emblème pirate ? – dessinées dans la pierre. C’est tout ! On comprend vite que l’on a à faire à  des pionniers. S’ils ont été enterrés aussi humblement, c’est qu’ils vivaient de même! Pas encore de ces grosses fortunes coloniales. Ces hommes – pour la plupart – étaient des défricheurs, les fondateurs de lignées plus tard fameuses.

A l’inverse, à partir du XIXème – et surtout après 1850 -, la sépulture devient vite mausolée, monument à la gloire d’un homme remarquable, parfois, mais le plus souvent, témoignage de la réussite et de l’élévation d’une famille!

Un peu à l’écart, tournant curieusement le dos à cet océan rageur qu’il aimait tant, repose le Poète Robert-Edward Hart de Keating. Sur les rochers qui avancent vers les vagues irascibles, un Robinson inconnu a construit sa hutte.

Le petit côté aristo du Batelage

Dans les guides de voyage, le restaurant Le Batelage est souvent bien répertorié et son emplacement est généralement bien mis en avant. Le cadre, c’est vrai, y est magnifique !

Ouvert il y a un quart de siècle, l’établissement occupe l’extrémité de la presqu’île gagnée sur la mangrove, du temps du vicomte de Souillac. Cet administrateur de la colonie française y fit ériger un ensemble d’entrepôts où les plantations de canne à sucre de la région venaient stocker leur sucre, avant que celui-ci ne fut embarqué à bord de caboteurs qui l’acheminaient à Port-Louis… Le restaurant, dont la terrasse, vaste et ombragée, s’ouvre sur l’océan, a également occupé l’un de ces entrepôts. Cette grande salle a été meublée et décorée dans l’esprit du Grand Siècle, un peu comme si le brave Vicomte allait, d’un moment à l’autre, venir prendre place à la table centrale…

A l’extérieur, les préoccupations sont moins aristocratiques. Un patron de pêche est absorbé par le rafraîchissement de la peinture de sa pirogue. Le long du quai, les pneumatiques rapides des Gardes Côtes sont prêts à fendre l’écume en cas d’alerte.

 

Un musée à la gloire de Sookdeo Bissoondoyal à Rivière des Anguilles

Enseignant et homme politique, Sookdeo Bissoondoyal appartenait à la génération de ceux qui ont milité pour l’indépendance de Maurice. Il a également fait partie de ces leaders qui ont eu la lourde responsabilité de gérer ce que l’on appelle pudiquement, ici, les «bagarres raciales».  La petite maison qu’il occupait, en bord de route, a fort heureusement été conservée et transformée en musée. Un tout petit musée, très attachant, car ce que l’on y présente a aussi bien trait au rôle national joué par Sookdeo Bissoondoyal, qu’aux petits gestes du quotidien…

L’enthousiasme du guide, M. Rossaye Abdool Fazeleck, qui répond avec empressement aux questions des visiteurs, est aussi pour beaucoup dans l’intérêt de cette halte.

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