Pieds dans l’eau. Anse-aux-Anglais est un village touristique qui recèle une histoire très passionnante autour d’un trésor. Selon la légende, des pirates y ont caché, dans le creux de la montagne, un coffre, des précieux bijoux et des pierres précieuses ; butins de leur chasse dans l’océan Indien. Mais depuis, les indices ont disparu et le mystère n’est pas près d’être percé. 

Situé à cinq minutes du chef-lieu Port Mathurin, Anse-aux-Anglais est très connue et appréciée pour ses plages et ses boutiques. Les après-midi et weekends, le village grouille de monde. Pour certains, c’est l’endroit idéal pour admirer le coucher du soleil en pointant le regard vers, l’île au Fou. Pour d’autres, c’est le lieu privilégié pour un moment de détente entre amis pour « coz coze » et boire un coup, tandis que certains s’adonnent à une partie de cartes ou de domino. Le silence est souvent rompu par de grands éclats de rire et le bruit des véhicules qui traversent le village.

Créché dans une vallée, le village abrite l’hôtel Les Cocotiers, quelques auberges et restaurants, des chambres d’hôtes et d’autres commerces. Le lieu compte quelques 150 habitants. Les villageois semblent cultiver l’esprit de la débrouillardise, car ils sont majoritairement engagés dans le tourisme. Si, sur la route du trésor, les traces ont disparu, Christian Roussety, y a implanté sa pizzeria. Connue sous le nom d’Anse Totor Pizza, ses créations sont dignes d’un trésor. Une de ses spécialités porte la griffe de son commerce, soit Pizza Totor. Pour le prix d’une, on a droit à deux saveurs différentes. Eh oui ! Une moitié est recouverte de fruits de mer et l’autre de Marlin Fumé. L’autre spécialité : le Grand Pâté fourré moitié ourite, moitié poisson salé, parmi tant d’autres innovations. « Je me suis inspiré des noms se trouvant dans le nord. Comme Totor, un monticule corallien qui dépasse dans les eaux du village et aussi Grand pâté, une grosse plaque corallienne qui se situe à l’entrée de la passe menant vers le port », explique le jeune homme. Selon lui, tout le monde fait de la pizza. « Dans ce métier, il faut savoir se démarquer des autres», dit-il avec le sourire.

Après une bonne pizza, sur la route principale, juste après le pont des soupirs, un panneau attire vite l’attention. Portant le nom d’Allée Laurentine Augustin, la centenaire du village qui n’est plus, cette route sépare l’Auberge Anse aux Anglais et l’Auberge Les Filoas. A environ 100 mètres plus loin, Frankilain César y a implanté une boutique artisanale. On y retrouve des produits typiques de l’île comme le limon vert, des pots de piments ourite, piment limon entre autres. Sur une table, il y expose des ourites séchés ou grillés, au choix de sa clientèle. Même si la boutique est parfumée aux essences d’aloès et de vacoas, il faut se méfier du mélange de produits, en particulier, ceux en provenance de Madagascar. Pour un choix plus judicieux, il est préférable de bien regarder ou de demander conseil au gérant. Au fond de l’allée, on retrouve essentiellement des maisons et autres tables d’hôtes.

Demi-tour sur la route principale. Face au lagon le bar et restaurant Marlin Bleu vous propose une cuisine de très bonne qualité. Dans les assiettes, rien que du frais… comme ce poisson du jour grillé, servi avec une sauce au beurre à se damner. Langouste, quand les pêcheurs en rapportent, ourites, viandes… mais aussi un grand choix de pizzas : de la classique Margarita au local Trou d’Argent à base de langouste, ou encore la Rodriguaise à l’ourite. En soirée, c’est un bonheur de prendre un verre au bar.

Si durant la journée, le village est peu animé, à la nuit tombée, le décor change du tout au tout. Anse aux Anglais est l’un des rares villages du littoral nord où souvent l’animation bat son plein jusqu’à des heures tardives. C’est surtout l’endroit où touristes et villageois se côtoient.

Le trésor reste introuvable

La vigie se situait un peu plus haut, non loin de l’emplacement actuel de l’hôtel Pointe Vénus. Ce point offre une vue panoramique sur le lagon couleur bleu azur. Quand le soleil brille de mille feux, la mer scintille tel un diamant. En parlant de diamant, des villageois croient, dur comme fer, qu’un trésor est enterré quelque part sur la route menant d’Anse-aux-Anglais à Crève-Cœur.

L’écrivain Jean-Marie Le Clézio, évoque le mystère de ce fameux trésor. C’est, semble-t-il, guidé par les indices taillés dans la pierre, qu’en 1909, son grand-père, Léon Le Clézio, entama les premières fouilles. Néanmoins, depuis que les pierres ont disparu, suite à la construction de la route, il n’existe plus d’indices. Tout laisse à croire que le trésor, si trésor il y a, restera pour longtemps encore caché.

Camp des anglais

D’où le village tire-t-il son nom ? L’histoire de ce lieu est liée au débarquement des troupes britanniques sur la plage, en 1809, pendant les guerres napoléoniennes. Rodrigues dépendait alors de l’Isle de France (Maurice), elle-même colonie française. Or, pour mettre fin aux activités des corsaires français dans cette région de l’océan Indien, les Britanniques décidèrent de s’emparer de l’archipel des Mascareignes. Pour envahir l’Isle de France, les troupes débarquèrent d’abord à Rodrigues et s’y basèrent. Elles établirent leur camp à Anse aux Anglais. De là, la vigie pouvait scruter l’horizon pour donner l’alerte au moindre mouvement suspect.

Commentaires Facebook

Donnez votre Avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous devriez lire aussi

Dans les petites rues de Port-Mathurin

La capitale économique et le centre administratif de