Son lagon saint-gillois côté mer, son volcan et ses cirques formant les somptueux entrelacs de son coeur coté montagne, sont les images les plus parlantes de l’île intense. Mais de jolis coins typiques, moins foulés gagneraient tout autant à être connus.

L’île soeur a ceci de particulier qu’elle concentre toutes ses zones de baignade dans l’Ouest, là où s’étirent ses 8 km de lagon intégré à la Réserve marine, un périmètre de préservation des récifs coralliens, extrêmement vulnérables. Traditionnellement associés à Saint-Gilles, la station balnéaire historique de l’île, les bains de mer et ses plaisirs s’expérimentent tout aussi bien ailleurs. A Saint-Leu, des criques cachées par les habitations pied dans l’eau et néanmoins accessibles sont idéales pour le farniente. L’Etang-salé les bains, à la fois village de pêcheurs, jolie zone résidentielle et référence pour le surf déroule, certes, une interminable bande de sable noir au fascinant cachet sauvage mais abrite aussi une lagune pour la baignade tranquille.

Des bassins dans des enrochements naturels

Mais c’est après avoir dépassé Saint-Pierre, la porte du Sud sauvage, que l’on découvre de petits trésors creusés dans la roche, des piscines naturelles praticables même lorsque l’océan frappe les falaises, permettant quelques brasses rafraichissantes. Après la jolie plage de Grande Anse, à fouler en semaine car ultra fréquentée le dimanche par les pique-niqueurs, direction Saint-Joseph… “Manapany, ti coin charmant”, chantait Luc Donat, parmi les ségatiers réunionnais les puis emblématiques, dans les années 70. Plus de quarante ans après, charmant il l’est resté, même si l’occupation de l’espace s’est raisonnablement densifié, modernité oblige. L’on comprend aisément que l’ancien débarcadère de pêcheurs devenu piscine naturelle reste très prisé par les familles, comme par ceux délaissant le bureau à l’heure du déjeuner. Protégé par un enrochement basaltique, on peut s’y ébattre en toute sécurité dans le vaste océan Indien, l’entrée en continu des vagues vers la piscine favorisant la régénération permanente l’eau, d’une clarté saisissante. En s’enfonçant plus bas vers le Sud, autre curiosité au lieu-dit Le Baril, sur la commune de Saint-Philippe. Non loin de l’aire de pique-nique, entre terre noire du volcan et bleu de l’océan, une piscine qui contient un mélange de l’eau de source du Puits des Anglais et de l’eau salée de mer a été, elle aussi, aménagée dans un enrochement naturel. D’une beauté exceptionnelle, ce site devrait connaître une fréquentation à la hausse à l’horizon 2020, à l’issue de son réaménagement complet, et prendre alors le nom de «Baril-les-Bains».

Dans l’Est, le Diana Déa Lodge, hotel d’altitude dans un chassé privé

Au dessus des champs de cannes et d’ananas

Dans la partie opposée de l’île, sous la côte au vent, nulle bande de sable blanc. Aux longues plages de galets succèdent des falaises battues par des geysers d’écume, la géographie de cette partie de l’île permettant à l’océan de dévoiler son fort caractère. Région à la végétation dense où l’eau circule en abondance, elle abrite aussi les plaines cannières qui descendent en pentre douce vers le littoral. C’est depuis la ville de Sainte-Anne, connue pour son église de style baroque, un véritable chef-d’œuvre architectural inscrit aux monuments historiques depuis 1982, que l’on emprunte la route menant au Diana Déa Lodge, un hôtel tout à fait unique. Il faut serpenter longtemps entre les cannes à sucre et les ananas – en klaxonnant à chaque virage, – la visibilité lorsque les cannes versent sur la route étant nulle – avant de tomber sur le portail du domaine.

Cet hôtel de montagne d’un charme inégalé, positionné 4 étoiles a ceci d’exceptionnel qu’il se situe en plein chassé privé. Une fois les grilles refermées derrière la voiture, l’on aperçoit biches et cerfs de part et d’autre de l’étroit chemin grimpant vers l’hôtel, un établissement fait de pierre et de bois. Ici, la brume de fin de journée tombant sur le site, le feu de cheminée qui crépite dans le salon propulsent alors le visiteurs à des années lumière des clichés tropicaux réunionnais. Et si d’aventure, l’on cherchait comme dans le Sud, un « bassin » pour se rafraichir, la piscine chauffée permet de s’immerger à toute heure. S’y baigner alors que le brouillard s’est installé revient à vivre un moment placé hors du temps.

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