Quand Gilbert Cesbron, romancier français, disait “le bonheur, c’est quand le temps s’arrête”, il ne se rendait peut-être pas compte que bien des années plus tard, il y aurait, au beau milieu de l’océan Indien, à plusieurs milliers de kilomètres de la France, une petite île perdue qui offrirait effectivement ce bonheur. C’est là qu’on sent vraiment la nature; on la respire, littéralement.  – Amanoola Khayrattee

Citée souvent comme la Cendrillon des Mascareignes, Rodrigues est un éden pour les visiteurs. Elle regorge de lieux historiques et touristiques souvent inaccessibles ou inaperçus; des lieux qui nous font voyager dans le passé. Les reliefs montagneux offrent des vues imprenables. Pour atteindre l’intérieur des terres et les fonds des vallées, il n’y a pas mieux que d’y aller… à pied. On a tout le loisir d’admirer et de respirer la nature à l’état brut. Pas d’âme qui bouge, sinon le criquètement des cigales et le son de la brise fraîche. Là, s’arrête le temps; et commence la quiétude. “Paix et tranquillité, voilà le bonheur,” dit un proverbe chinois.

Le trail mensuel est un moyen privilégié pour une escapade en toute sécurité. Etranger ou résident, il n’y a pas d’âge. Pas lieu de concourir avec les autres. A son aise, on arrive, lentement mais sûrement, à retrouver son chemin grâce à des balises mises en place par la Rod Trail Association

C’est une activité pédestre alliant sport et communion avec la nature et, visant à mettre en valeur des espèces endémiques. C’est aussi une manière d’inculquer la sensibilité au respect de l’environnement et le plaisir d’être dans la nature tout en découvrant des endroits éloignés,” nous confie Michael Allet, vice-président de l’association qui aura 10 ans cette année.

Le versant vert du paysage rodriguais

La Source Ti Gomme

C’est un de ces endroits oubliés accessibles par des sentiers connus comme “sentiers cabris”. Nichée au fond de la vallée, entre Ti Graviers et Anse Fémi à quelques kilomètres à l’est de l’hôtel Mourouk Ebony, la source Ti Gomme, en véritable oasis, ruisselle tout le long de l’année. L’eau limpide se déverse dans un canal à travers des terrasses cressonnières. C’est ici, qu’à l’aide de seaux, on s’approvisionnait jadis en eau. C’est ici que l’on menait les caprins et bovins au breuvage. On peut toujours y voir des animaux pâturer. Et ce n’est pas un amas de branches et feuilles séchant, séquelles de la récente Joanhina, qui vont faire obstacle. Il y a toujours un sentier qui mène vers les flancs de la colline jouxtant cette source pour atteindre l’autre côté des versants. Quitte à devoir se frayer un chemin même à quatre pattes. Mais le plaisir est immense.

La topographie pose certains défis, pas insurmontables pour autant:   passage obligé par des chaussées déformées et rocailleuses, parfois en dents de scie avec des creux profonds et des pentes importantes parmi des herbes et arbustes dépassant le genou, à l’instar de la “vieille fille” (plante aux fleurs roses utilisée en infusion), mais aussi à travers des canaux et ruisseaux, souvent sous un soleil de plomb, atténué çà et là par les arbres des forêts.

Le passage par la plage pour passer d’une colline à une autre

Les lieux phares

Un peu plus vers la plage, Mourouk, partie intégrante de Port Sud Est, est le village par excellence du “kite surf”. Ici, le vent du sud-est est toujours favorable à la pratique de cette discipline qui accueille des compétitions internationales annuelles. Mais Port Sud Est est surtout connu pour son phare rudimentaire qui, dit-on, servait autrefois de signal aux bateaux accostant Rodrigues par la passe du Port Sud Est. Encore en état de marche, il guide les pêcheurs durant leurs sorties nocturnes. Le moins exigeant est le trail urbain qui nous mène dans les rues de Port Mathurin.

Du haut de leur centenaire ou presque, le banian et le talipot contemplent le chef lieu. La Résidence, l’église et l’Office du tourisme, entre autres, nous rappellent l’ère coloniale. Plus loin, perché sur les hauteurs du Mont Charlot, le phare artisanal triangulaire de Mont Fanal veille sur la rade.

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