Les grands voyageurs ont souvent comparé La Réunion à un petit Brésil, avec la samba en moins. Une population métissée et issue d’une histoire où se mêlent esclavage, culture du café et de la canne pourraient expliquer cette similitude entre le géant sud-américain et le petit bout de France de l’océan Indien. Mais il est un terrain sur lequel l’île reste unique, c’est celui de son cœur constitué d’un entrelacs chaotique de montagnes au relief déchiqueté, de tombants vertigineux, de remparts infranchissables et de plateaux enclavés*.

Avec le volcan actif du Piton de la Fournaise, les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie, emblèmes identitaires de l’île sont les incontournables d’un circuit touristique intelligent.

La route aux 400 virages de Cilaos

L’accès à Cilaos, le cirque le plus urbanisé, se fait par une route qui longe la rivière Saint-Louis avant de prendre d’assaut le flanc des montagnes. Bien que l’asphalte soit lisse, l’arrivée au village après 35 km. de virages, dont certains en tête d’épingle, ponctués de tunnels et de ponts, peut être perçue comme un soulagement par certains. Cilaos (du nom de l’esclave malgache Tsilaosa signifiant qu’on ne quitte pas) est une ville paisible et fleurie. On y vient pour respirer l’air frais des Hauts en musardant le long de la rue principale et autour de la Mare à Joncs.

Le plus sec des cirques doit étrangement sa réputation à l’eau avec le captage de sources thermales par les Thermes de Cilaos, un établissement qui propose des cures à partir d’eaux bicarbonatées sodiques et place le cirque comme destination thermale. Autre élément fort de son identité, Cilaos est l’unique site à La Réunion colonisé par la vigne. Malbec, Pinot noir et Gamay ont été introduits pour une production essentiellement locale et il est possible de déguster ces vins à la Maison des Vins du Chai de Cilaos ou à l’hôtel Tsilaosa dont la cave, constituée avec amour par son propriétaire est conséquente. Cirque aux innombrables balades, le joli village de Bras-Sec où, comme un peu partout à Cilaos l’on cultive l’Isabelle, un vin liquoreux servi en apéritif, ou l’îlet à Cordes réputé pour ses fameuses lentilles sont des itinéraires bouclés dans la journée. Cilaos est aussi le point de départ du graal de tout randonneur accompli, le Piton des Neiges, point culminant de La Réunion.

Week-end chez les Bègue à Mafate

On ne fait pas du tourisme à Mafate, on fait Mafate dit-on à La Réunion. Vif reflet de ce que la découverte du second cirque réunionnais, accessible uniquement à pied, implique en termes de jambes flageolantes et de traits tirés par l’effort. Mais en contrepartie, l’ivresse des sensations recueillies le long des innombrables sentiers, 140 km en tout, le souvenir d’avoir baigné de longues heures dans un silence épais font oublier muscles et pieds endoloris. Le cirque est celui qui marque le plus celui qui randonne. Peut-être parce que son enclavement total ne permet jamais de voir la mer, et ensuite parce qu’il est possible d’y marcher une semaine sans passer deux fois par le même point en découvrant des paysages extrêmement variés. Flancs de montagnes arides succèdent aux sous-bois de tamariniers, gorges obscures et clairières lumineuses …

Sept cents personnes environ vivent ici, réparties sur des îlets isolés les uns des autres par de profondes ravines. Parmi eux, La Nouvelle culminant à 1400 mètres reste l’îlet le plus fréquenté car le plus accessible avec un aller-retour possible dans la même journée. L’îlet peut être une destination à part entière pour les moins sportifs ou les familles le temps d’une nuit en maison d’hôtes chez la famille Bègue, ancrée ici depuis plusieurs générations, où un cari poulet et un gâteau de patates douces font souvent le menu des repas. .

Le charme discret de Salazie

Salazie, du malgache Salaozy qui signifie bon campement, est le cirque le plus vert. Avec un record mondial de pluviométrie, il se singularise par une végétation exubérante. Des cressonnières touffues s’étalent au pied de falaises humides, et des chouchous, légumes poussant à la sauvage, habillent le cirque d’un épais tapis. Depuis la Rivière du Mât, qui traverse le village de Salazie jusqu’au village de Hell-Bourg, l’itinéraire permet d’admirer de féériques paysages de cascades, dont les arachnéennes Voiles de la Mariée qui dévalent à gros bouillons à la saison des pluies.

Riche en eau, il n’est pas surprenant que des sources soient découvertes à Salazie au milieu du 19ème siècle. Une découverte qui allait donner naissance à Hell-Bourg et qui valut au cirque un développement rapide sous l‘affluence de curistes anémiés. Destination très en vogue, de nombreuses familles bourgeoises réunionnaises s’y sont fait construire une maison pour s’y installer de façon saisonnière durant l’été austral. Mais le terrible cyclone de 1948 marque la fin de l’activité thermale en détruisant la source et le village perd aussitôt de son éclat. Il subsiste néanmoins de cette période de très jolies maisons créoles aux varangues festonnées de lambrequins et sur lesquelles la municipalité veille jalousement.

Pour construire son itinéraire dans les cirques en hôtel de charme ou chez l’habitant : http://www.reunion.fr

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