Décrétée réserve naturelle depuis 1983, l’île Cocos, tout comme sa voisine l’île aux Sables, à environ 4 km à l’ouest de Rodrigues, se distingue par une flore et une faune à part.  Une nature quasi-vierge piquée de filaos, une plage blanche éblouissante bordée d’une eau limpide en font un des sites incontournables pour les touristes. – Amanoola Khayrattee

D’une superficie de 1,5 km par 250 m, l’île Cocos est rejointe en pirogue en une heure et demi à partir de Pointe Diable, à une dizaine de kilomètres de Port Mathurin. Les visites y sont restreintes, même interdites sur certaines parties de l’île en raison des études scientifiques conduites sur les cycle de reproduction et le comportement des espèces uniques vulnérables aux empreintes humaines… Une fois sur l’île, les visiteurs sont pris en charge par un guide qui les entraine sur des sentiers dédiés, pour une tournée explicative d’une trentaine de minutes.

Le nom de l’île est très évocateur. Pas forcément en lien avec les quelques cocotiers introduits dans le temps. Car de cocos, on en trouve à peine. Par contre les oeufs d’oiseaux se comptent par plusieurs milliers – des oeufs que l’on apppelle “cocos” dans le langage marin, d’où le nom “ île Cocos”, selon un officiel de Discovery Rodrigues, gérant de l’accès sur l’île… L’île Cocos se distingue aussi par le fait que des centaines de plantes indigènes et endémiques y sont mises en terre chaque année selon Jean- Alfred Begué, Project Support Officer à la Mauritian Wildlife Foundation de Rodrigues. Ceci pour restaurer, consolider et préserver le type d’habitat côtier propre à l’île.

Une goélette blanche postée sur un bois mahot

Véritable sanctuaire pour les oiseaux marins

Un nombre impressionnant d’oiseaux y séjournent – jusqu’à 25 000 selon la période de l’année… Des oiseaux à l’image de bombardiers, posés sur le sol ou sur les branches, qui s’élancent dans l’air, comme pour donner un spectacle d’acrobaties aériennes, dès qu’on les approche.

On y recense ici quatre espèces d’oiseaux, dont le “lesser noddy” communément appelé “macwak”, le “brown noddy” ou “common noddy” aussi connu sous le nom de “maleine”, le “sooty tern” ou “yéyé” et le “fairy tern” ou la goélette blanche surnommée dans le jargon local “zoiseau la vierge”. “ Mais seul un oeil expert peut différencier le “lesser noddy” du “brown noddy”, nous confie Jean-Alfred Begué. Ils sont tous deux de couleur noire, mais le premier, avec sa tâche gris-pâle sur la tête, est légèrement plus petit que le second.”

Une cinquième espèce, le “sterne de Dougal” a été repertoriée sur l’île aux Sables. Disparu puis réapparu vers 2008-2009, on n’a revu cet oiseau que très rarement, certainement à cause des incursions humaines clandestines sur ce territoire fragile.. Et les pailles en queue non-nichés survolent ces deux îles de temps à autre.

Les oiseaux n’hésitent pas à foncer vers celui qui dérange

Une flore variée aux propriétés médicinales

Les amoureux de la nature apprécieront toute une gamme de plantes, tant endémiques – “dont le Phyllantus qui pousse surtout sur les sentiers” selon Jean-Alfred Begué – ,qu’indigènes. Les espèces natives ici, incluent le bois mapou, un arbre aux qualités décoratives pouvant culminer jusqu’à 14 mètres avec un tronc gris clair ressemblant au baobab, le bois mahot, indiqué pour les terrains côtiers et sablonneux, car il aide à stabiliser le sol et sert de coupe-vent, ainsi que le cadok, un buisson armé de piquants durs et pouvant atteindre plusieurs mètres de haut. Toutes ces plantes sont, en plus, porteuses de vertus médicinales grâce à leur caractère antifongique, anti-inflammatoire et diurétique, entre autres.

Voilà donc une tournée bien enrichissante au coeur de la nature parmi les oiseaux, via laquelle le visiteur peut tenter une pêche à la traîne dans le lagon bleu turquoise le temps de la traversée. Attention, l’île Cocos étant extrêmement protégée, il est interdit de fumer sur place ou d’y apporter de quoi faire des grillades…

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